Les quatre raisons de la victoire du Vlaams Belang

Dries Van Langenhove, 26 ans. ©BELGA

Un positionnement antisystème, la migration, un programme socio-économique à gauche et les réseaux sociaux: ce sont les clés du succès du Vlaams Belang en Flandre.

La Flandre a sans doute vécu ce dimanche un nouveau "dimanche noir". Le Vlaams Belang a triplé son score par rapport à 2014, passant de 6% à 18%. Ce qui en fait le deuxième parti du paysage politique flamand.

Quelles sont les raisons de cette soudaine poussée de l’extrême droite au nord du pays ? Plusieurs éléments explicatifs peuvent d’ores et déjà être mis en avant.

Premièrement, le parti a réussi à se positionner comme le nouveau parti antisystème, rôle que revendiquait jusqu’ici la N-VA. Bart De Wever paie ainsi ses cinq années de participation au gouvernement fédéral.

Le Belang a promis de réduire l’âge de la pension légale, d’augmenter le montant des pensions, de réduire la TVA sur l’électricité de 21 à 6%.

Deuxièmement, le Belang surfe sur le thème de la migration qui continue de faire recette auprès d’une bonne partie des électeurs. Les attaques de Tom Van Grieken se sont beaucoup concentrées sur Theo Francken, l’ancien secrétaire d’Etat N-VA en charge de l’Asile et la Migration, qui aurait, d’après le Belang, "laissé entrer 500.000 migrants" en Belgique.

Troisièmement, le programme socio-économique du Belang s’est complètement "gauchisé", ce qui lui permet de capter un public menacé de déclassement au plan économique et social. Tom Van Grieken et ses troupes ont ainsi promis de réduire l’âge de la pension légale, d’augmenter le montant des pensions, de réduire la TVA sur l’électricité de 21 à 6% ou encore de ne pas entrer dans un système de taxe kilométrique. On n’est pas loin du programme du PTB, mais à l’extrême opposé du paysage politique.

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Quatrièmement enfin, le Belang a exploité au maximum les réseaux sociaux, ce qui lui a permis de capter l’attention des jeunes, ceux qui ne marchaient pas pour le climat. Des récentes analyses pointent le succès considérable d’une figure comme Dries Van Langenhove, 26 ans, dans l’enseignement technique et professionnel. Van Langenhove est le patron de l’association étudiante Schild & Vrienden, qui avait un moment été proche de la N-VA avant d’être écartée par Bart De Wever.

Le parti a exploité au maximum les réseaux sociaux, ce qui lui a permis de capter l’attention des jeunes.

En attendant, la N-VA se retrouve dans une situation beaucoup moins confortable qu’en 2014. Elle peut sans doute toujours reconduire la majorité "suédoise" en Flandre, mais ce sera de justesse. Dans ces conditions, l’opposition s’annonce en effet redoutable. S’il obtient le rôle de formateur flamand, Bart De Wever devrait inviter le Vlaams Belang dans le cadre des consultations qu’il mènera. Mais jusqu’ici, il a toujours exclu d’entreprendre quoi que ce soit avec l’extrême droite.

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