"Nous voulons baisser la pression fiscale de 10 milliards"

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Charles Michel, président du MR, lance l’offensive sur le pouvoir d’achat. Il entend créer 250.000 emplois en cinq ans. S’opposant aux écologistes, les réformateurs veulent poursuivre dans la lancée du gouvernement sortant.

La campagne "commence maintenant", martèle Charles Michel. Le président du MR entend avancer, combatif, sur le fond, entame-t-il avant de détailler les propositions socio-économiques de son parti. "J’appelle les citoyens quelles que soient leurs convictions a priori de voter en connaissance de cause. J’en appelle à un débat démocratique de qualité afin qu’on n’achète pas un chat dans un sac", dit-il, surtout à l’adresse des jeunes électeurs.

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 En difficulté dans les sondages, le MR croit en la force de ses propositions, fiscales notamment, pour redresser la barre d’ici le 26 mai: "Nous sommes le seul parti qui garantit la baisse des impôts. Le Premier ministre en affaires courantes en veut pour preuve le bilan de son gouvernement: tax shift, baisse de l’impôt des sociétés et annulation des cotisations patronales pour la première embauche. 

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 "On l’a fait en réduisant le déficit", enfonce la tête de liste pour la Chambre en Brabant wallon.  Il n’attendra pas vendredi et les évaluations définitives du Bureau du plan des mesures phares proposées par les partis pour sortir du bois. "Nous pouvons stimuler la création de 250.000 emplois supplémentaires dans les cinq ans à venir"assure-t-il.  Comment? En baissant encore la pression fiscale sur le travail pour 10  milliards d’euros au cours de la prochaine législature.  Tour d’horizon des principales propositions du MR.

Impôts et cotisations sociales

187 millions
d'euros
Etendre la suppression des cotisations sociales pour les trois premiers emplois coûterait quelque 187 millions d’euros.

La suppression des cotisations sociales pour le premier emploi "a été un beau succès", souligne le MR. Cette mesure devait venir à échéance en 2020. "Nous allons la prolonger et l’étendre aux trois premiers emplois, propose Charles Michel. Avec cette mesure, nous estimons pouvoir stimuler la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois." Selon les estimations du Bureau du plan que L’Echo a pu obtenir, cette réforme coûterait quelque 187  millions d’euros.

C’est la mesure phare du MR au niveau du pouvoir d’achat"Nous voulons rendre au minimum 1.000 euros par an de salaire net supplémentaire", dit le Premier ministre sortant. Il s’agit de relever le niveau de revenu à partir duquel on paie des impôts (la fameuse quotité exemptée) "jusqu’au niveau de revenu que l’on obtiendrait sans travailler", précise Charles Michel. Le MR propose 13.500 euros pour environ 8.000 euros actuellement.

"Cette mesure a un impact d’une cinquantaine de milliers d’emplois supplémentaires car on injecte dans le circuit économique des moyens pour financer la croissance", défend le libéral. Il y voit une "récompense du travail et de la justice fiscale", en créant "un écart positif supplémentaire par rapport à quelqu’un qui ne travaille pas".

Ce niveau de 13.500 euros signifie une perte de recettes pour le budget de 8,8 milliards d’euros. C’est beaucoup, surtout au regard des prévisions budgétaires qui ne sont guère optimistes pour les années à venir, oppose-t-on. Charles Michel s’agace des critiques sur le budget de l’État et se défend: "Nous avons hérité d’un déficit qui représentait 3,2% du PIB. Sur base du PIB d’aujourd’hui, cela représente un trou de 14 milliards d’euros. Fin 2018, sur base de ce qui est réalisé et pas des prévisions au moment où le gouvernement est tombé, ce déficit est ramené à 0,8% du PIB, soit 4 milliards d’euros." En d’autres termes, le gouvernement sortant a réduit les déficits de 10 milliards en baissant les impôts, c’est donc possible de continuer, estime le candidat à sa propre succession.

Tax shelter et environnement

"Une réduction d’impôts pour les entreprises qui développent des projets vertueux sur le plan environnemental doit être un des axes structurants de notre green deal", défend le président du MR qui propose une formule de Tax shelter qui a montré son efficacité dans le secteur du cinéma notamment. Ces réductions d’impôts doivent être neutres budgétairement car elles généreront de la croissance, assure-t-il. 

"Nous sommes en décalage avec ceux qui utilisent l’enjeu climatique pour taxer."

"Nous sommes en total décalage avec ceux qui voudraient utiliser cet enjeu climatique pour suspecter, sanctionner, punir et au final taxer. Nous sommes contre ce non-sens économique, ce non-sens social et ce non-sens environnemental car quand on appauvrit le pays avec des taxes supplémentaires, on a plus la capacité de stimuler les innovations et la recherche", avance encore Charles Michel.

Au passage, le MR s’oppose à la suppression, voulue par les verts, de l’avantage voiture de société"Nous ne voulons pas retirer plusieurs centaines d’euros par mois du jour au lendemain  ce qui est la proposition de certaines formations politiques  à des gens qui travaillent et qui n’ont pas d’alternative à la voiture, expose Charles Michel. Par contre, on peut encourager les comportements alternatifs via les investissements. Les travaux du RER qui ont repris en sont un bel exemple, le covoiturage, la micromobilité, ou le métro à Bruxelles. Que l’on réforme les voitures de société, ok, mais sans s’en prendre au pouvoir d’achat."

Réforme du chômage

Le programme du MR propose également une refonte du système d’allocations de chômage qui aujourd’hui est, par rapport à nos voisins européens, "celui qui oriente le moins vers le retour à l’emploi et produit le plus de chômeurs de longue durée." Le MR propose un niveau plus élevé d’allocations dans les premiers mois qui suivent la perte d’emploi avec une dégressivité plus forte.Le MR ne soutient pas, comme l’Open Vld ou la N-VA une limitation dans le temps des allocations de chômage. Cette réforme est neutre budgétairement, Charles Michel promettant un maintien du niveau global de cette dépense sociale.

Les 10 milliards sont obtenus avec les exonérations de précompte immobilier pour les 500 premiers euros de revenu cadastral pour l’habitation propre proposées au niveau régional. Une réforme qui coûte plus de 500 millions, surtout à charge de la Wallonie.Le MR s’oppose encore à la péréquation cadastrale proposée par Ecolo ou le péage urbain à Bruxelles, et promet d’agir sur la qualité de vie en augmentant les déductions pour garde d’enfants ou en étendant les titres-services à la garde et au transport des enfants.

Ecolo propose un crédit d'impôt pour les plus bas salaires

Ecolo lance l'idée d'un crédit d'impôt pour les plus bas salaires. La mesure coûterait 1,68 milliard par an et le gain salarial moyen serait de 881 euros net par an, a expliqué le député Ecolo Georges Gilkinet au Soir.

Ce crédit s'appliquerait de façon dégressive aux salaires allant jusqu'à 2.250 euros net mensuels. Ainsi, la personne percevant 1.562 euros bénéficierait d'un crédit mensuel de 225 euros net. Ce dernier descendrait à 170 euros pour une rémunération de 1.750 euros. Il serait de 115 euros pour un revenu de 2.000 euros. Et enfin de 60 euros pour une rétribution de 2.250 euros.


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