Polygon fait appel à Deminor dans l'OPA d'Orange sur Orange

©REUTERS

Polygon, qui détient 5,29% d'Orange Belgium, a embauché la société de défense des actionnaires. Objectif? Faire entendre que le prix d'achat des Français est trop faible.

Quand Polygon Global Partners s'investit quelque part, c'est généralement dans une optique de long terme. Orange Belgium ne déroge pas à la règle. Le gestionnaire britannique est ainsi à bord depuis plus de cinq ans désormais, fort d'une participation de 5,29%.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Sauf que le gestionnaire d'actifs britannique a vu son ciel s'assombrir récemment suite à l'offre de rachat sur sa filiale par la française Orange SA, qui possède déjà 53% d'Orange Belgium . L'on parle d'une opération dite "de ramassage" dans le jargon.

Juste prix

22
euros/action
Polygon estime que le prix de 22 euros par action offert par Orange est insuffisant.

Et pour cause, le prix proposé de 22 euros par action serait insuffisant, à l'en croire. Le raisonnement est simple: rien qu’en vendant deux tiers de ses 3.100 mâts de téléphonie en se référant au prix pratiqué dernièrement en Europe (300.000 euros l’unité), l'opérateur belge pourrait récolter 600 millions d’euros en cash, a par exemple calculé Polygon. Or, l'offre totale des Français n'est que de quelque 620 millions d'euros. Cherchez l'erreur.

Selon les calculs de la société d'investissement britannique, le juste prix se situerait plutôt entre 39,5 et 47,25 euros par action. Polygon a bien tenté de faire valoir son point de vue dans la foulée de l'annonce, mais sans succès puisqu'Orange officialisait telle quelle son offre d'achat un mois plus tard.

Trop c'est trop. Polygon a donc décidé de passer à la vitesse supérieure dans sa riposte en ce début février. Le gestionnaire a mandaté la société de défense des actionnaires Deminor afin qu'elle monte au créneau en son nom, a-t-on appris ce mardi.

"Révision ou blocage"

"L'objectif poursuivi est d'inviter Orange SA à revoir à la hausse les conditions de son offre initiale pour adéquatement refléter la valeur stand-alone d'Orange Belgium et, à défaut, de faire obstacle à un retrait forcé ou une sortie de cotation", explique Deminor.

"L'idée n'est pas de faire de l'activisme pour faire de l'activisme."
Pierre-Alexis Léonard
Associé chez Deminor

"Mais sans pour autant faire de l'activisme pour faire de l'activisme", précise Pierre-Alexis Léonard, associé de la société de défense des actionnaires. "C'est juste qu'il y a un prix proposé ici qui est erroné."

Et de s'appuyer sur la communication d'Orange même en guise d'exemple. En date du 2 décembre, Orange SA justifiait ses intentions de par une opération devant "permettre à Orange Belgium de déployer plus efficacement sa stratégie de création de valeur à long terme et de réagir plus efficacement aux transformations majeures du marché belge". "L'on aimerait bien, outre les autres éléments invoqués, que le prix payé soit aussi le reflet d'une partie de cette plus-value future", ajoute Pierre-Alexis Léonard.

Altice bis?

La banque d'investissement londonienne Ondra a en outre été mandatée par Polygon en vue d'effectuer un exercice parallèle et voulu indépendant de valorisation d'Orange Belgium, a fait savoir le gestionnaire d'actifs britannique. Ses conclusions sont attendues dans les jours qui viennent, nous dit-on.

Quelles sont les chances d'aboutir à une issue positive pour Polygon? Du côté de Deminor, l'on se réfère au récent cas d'Altice Europe. En septembre dernier, le CEO-fondateur du groupe, Patrick Drahi, proposait un maigre 4,11 euros par action pour s'offrir le solde du capital qu'il ne détenait pas encore de la maison mère de l'opérateur SFR et de la plateforme publicitaire vidéo Teads aux mains de la Gimv jusqu'en 2017 notamment. Sous la pression d'investisseurs mécontents, l'homme d'affaires avait été amené à revoir sa copie à 5,35 euros par action, salant son addition de quelque 800 millions d'euros au total. La tentative de Polygon n'a donc "rien d'illusoire", conclut sur cette base Pierre-Alexis Léonard.

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