Reynders: "L'absence de Nainggolan et de son fighting spirit m'étonnent"

©BELGA

A la veille de la Coupe du monde, où il se rendra soutenir les Diables, Didier Reynders – un des rares politiques crédibles en la matière – parle football. De son amour du Standard et des choix de Roberto Martinez.

Il y a campagne électorale et campagne pour soulever la Coupe du monde. Cette année, les deux se télescopent puisque les Diables Rouges partent en Russie pour être champions du monde tandis que les formations politiques avancent leurs arguments pour se faire élire en octobre prochain.

On aura donc droit à des dizaines de photos de candidats en tenue de Diable Rouge et vas-y que je mets la perruque de Fellaini ou le maillot d’Eden Hazard. On ne tombera pas dans le panneau (enfin, on va essayer): la plupart des responsables politiques n’aiment le ballon rond qu’en période électorale.

"Je ne suis pas toujours certain que les politiques savent que le football, ça se joue avec une seule balle et onze joueurs, c’est pas grave on va maintenant leur expliquer que pour la coupe du monde, il n’y aura pas 23 joueurs dans chaque équipe sur le terrain. C’est onze contre onze".
Didier Reynders

Ils sont rares à fréquenter les stades de manière assidue et régulière: citons en vrac Jean-Michel Javaux, Raoul Hedebouw ou encore Willy Demeyer et Frédéric Daerden, Yves Leterme (Standard), Jean-Marc Nollet et Olivier Chastel (Charleroi) ou encore Alain Courtois et Philippe Close (Anderlecht). Et, last but not least, Didier Reynders.

En marge d’un déplacement à New York, nous avons tapé quelques ballons avec ce Rouche. "J’ai toujours aimé le football, j’ai d’abord commencé par suivre Tilleur parce que mon père y avait joué et ensuite ça a été la découverte du Standard. Je ne l’ai jamais quitté. J’accompagne le Standard et l’équipe nationale de Belgique depuis que je suis gamin, dans les bons comme dans les moins bons moments".

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"Football et politique, c’est un cocktail particulier"

Il sourit: "J’ai toujours eu un regard amusé sur politique et football parce que quand on suit un club et que la saison est mauvaise, on a vraiment toute la place qu’on veut en tribune, en revanche dès qu’on est en période électorale ou que le match est important, il y a plein de monde. Et je ne suis pas toujours certain que les politiques savent que le football, ça se joue avec une seule balle et onze joueurs, c’est pas grave on va maintenant leur expliquer que pour la Coupe du monde, il n’y aura pas 23 joueurs dans chaque équipe sur le terrain. C’est onze contre onze". Et il sourit. (fier de son trait d’humour).

Yves Leterme est un album Panini à lui tout seul, il connaît tous les transferts de joueurs sur les trente dernières années, c’est incroyable."
Didier Reynders

"Les souvenirs de Coupe du monde, c’est évidemment le Mexique. Mais je n’étais pas sur place. La campagne du Brésil en 2014 m’a laissé un bon souvenir, on tombe contre l’Argentine en quart de finale, il n’y a pas a rougir. En revanche, j’ai un très très mauvais souvenir de notre match à l’euro contre le Pays de Galles. Là, j’ai eu l’impression que l’équipe n’était pas là. Gareth Bale portait son équipe, c’était incroyable mais nous étions absents".

"Je supporte le Standard, mais dès qu’un club belge joue sur la scène européenne, je soutiens le club belge. La semaine dernière, j’ai dit aux Néerlandais et aux Luxembourgeois qu’on allait les représenter a la C du monde avec le Benelux, ils ont ri jaune. Mais c’est vrai que football et politique, c’est un cocktail particulier".

"Jean-Luc Dehaene était un acharné du club de Bruges, Yves Leterme est un album Panini à lui tout seul, il connaît tous les transferts de joueurs sur les trente dernières années, c’est incroyable. Les deux ont fini à l’UEFA, d’ailleurs, pour le fair-play financier".

"Martinez est le patron"

Sur la Coupe du Monde et les Diables Rouges. "J’entends certains parlementaires de l’opposition qui appellent à ne pas aller en Russie pour les matches de la Coupe du monde. Encore un  fois, ils sont à côté de la plaque; moi je vais en Russie, je vais voir Lavrov, on parle de tout, des Droits de l’Homme, des Droits des homosexuels en Russie. Si je devais boycotter autant qu’on me le demande, je serais en vacances toute l’année et je ne pourrais voir personne. Non, il faut aller au contact et au dialogue et c’est ce que je fais avec les Russes, même si on ne partage pas les mêmes opinions".

Sur Roberto Martinez: "Pour l’entraîneur, c’est toujours la même chose en Belgique, chacun donne son avis. Moi sur le terrain je trouve que Nainggolan devait y être. Je ne suis certainement pas à même de former une équipe mais c’est mon opinion. Vu la saison de la Roma. Maintenant, c’est Martinez qui a la tactique en main et aussi la gestion du groupe. C’est lui qui sera responsable, c’est lui la première cible. On doit le mettre dans les meilleures conditions possible pour que son groupe gagne et j’espère que les résultats vont suivre. Si les Diables gagnent la finale, tout le monde va crier au génie mais si le parcours n’est pas bon tout le monde reviendra sur le cas Nainggolan. Comme simple amateur de football, je m’interroge quand même sur l’absence d’un joueur qui a un fighting spirit terrible. Ca m’étonne. Mais Martinez est le patron. Je pense qu’une Coupe du monde réussie pour la Belgique, c’est de pouvoir prouver notre valeur contre une grande équipe en quart de finale, par exemple contre le Brésil ou l’Allemagne. Si le match est excellent et qu’on perd, personne ne pourra lui reprocher de tomber face à une de ces deux équipes".

 

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