Un parti flamand de trop à la table des informateurs

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Le PS ne s'associera pas à la N-VA sans le sp.a. Une condition qui éliminerait soit l'Open VLD soit le CD&V du processus de formation du gouvernement fédéral.

Le tandem PS/sp.a a pour ferme intention de bouter l’Open VLD hors du jeu fédéral, indiquait De Standaard ce mercredi matin. Lundi les informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, ont annoncé la poursuite de leur mission avec six partis: N-VA (25 sièges), PS (20), sp.a (9), MR (14), Open Vld (12) et CD&V (12).

Il y a visiblement un peu trop de monde à bord. A bonne source, on confirme la volonté d’aboutir, d’ici le mois d’octobre, à une formule à cinq. Il y a donc pour l’heure un parti de trop. Et il est flamand. Le quotidien flamand cite des ténors socialistes du Nord et du Sud estimant que l'Open VLD devrait se résoudre à l’opposition.

Renseignements pris, pareille demande n’a jamais été formulée comme telle auprès des informateurs royaux. Plus subtilement, les socialistes francophones conditionnent leur maintien à bord à la présence du sp.a. La séquence voulant qu’on tente d’associer PS et N-VA, cette position déplace la pression sur le CD&V et l’Open VLD qui, pris séparément, ne sont pas indispensables pour former une majorité.

En d’autres termes, la présence obligée du sp.a exclut un de ces deux partis et la logique veut que les socialistes préfèrent se débarrasser de la formation la plus à droite, entend-on. On le répète, les 12 sièges des libéraux flamands ne sont pas indispensables si les cinq autres partis en présence s’entendent. Ils comptent ensemble 80 sièges sur 150, ce qui est suffisant.

L'amertume du MR

Côté MR, on n'est apparemment pas aussi attaché à l’Open VLD que la logique des familles politiques le voudrait. "L’épisode bruxellois a laissé des traces", concède un libéral. L’Open VLD bruxellois n’a pas suffisamment joué la carte libérale pour faire monter le MR à la Région bruxelloise, et le MR en a gardé une certaine amertume. "On peut dire cinq fois qu’on veut l’Open VLD à bord et puis finalement s’en passer", admet non sans ironie un libéral francophone.  Il faut ajouter que depuis l’avènement de la Suédoise, Charles Michel joue volontiers la carte d’un axe MR-CD&V. Il s’est affiché avec Wouter Beke dans les médias et avait même prévu de faire bloc avec le parti centriste après les élections du 26 mai

Bref, les petits jeux de positionnement, voire de dupes, semblent donc avoir commencé alors que la formation du gouvernement flamand n’a pas encore abouti. On rappelle qu’en Flandre, N-VA, CD&V et Open Vld ont entamé des négociations pour former le prochain gouvernement. La N-VA pourrait donc voir d’un mauvais œil le départ des libéraux flamands de l’échelon fédéral parce qu’il "gauchiserait" l’équipe gouvernementale. Néanmoins, l’exclusion de l’Open VLD respecte à un député près une des revendications des nationalistes: que le prochain gouvernement fédéral repose sur une majorité dans le groupe linguistique flamand à la Chambre.

L’épisode du jour n’enlève rien à la difficulté d’associer PS et N-VA alors que de véritables négociations n’ont pas encore commencé pour former le prochain gouvernement fédéral.

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