analyse

3,3 milliards de dépenses nouvelles structurelles

Le personnel des soins de santé figure parmi les grands bénéficiaires de l'accord de gouvernement. ©Photo News

Les nouvelles dépenses iront surtout aux soins de santé et aux pensions. Elles seront compensées par des mesures d'économie et des nouvelles recettes.

Les questions budgétaires ont, comme souvent, été les plus difficiles à trancher. La situation budgétaire de la Belgique n’était déjà pas très reluisante en raison des quinze mois d’immobilisme politique. Avec la crise sanitaire, le budget a pris l’eau de toutes parts.

Les dernières projections du Bureau du Plan font état d’un déficit de 44 milliards d'euros pour 2020. Et pourtant, les besoins sont nombreux. Selon certaines sources, l’ensemble des demandes initialement sur la table représentaient 10 à 11 milliards d’euros de dépenses nouvelles. Ce montant a finalement pu être ramené à des proportions plus raisonnables, de l’ordre de 5,3 milliards d’euros.

Cette enveloppe comprend 3,3 milliards d’euros pour des mesures structurelles, 1 milliard pour des mesures temporaires et 1 milliard pour l’investissement.

Parmi les 3,3 milliards de mesures structurelles, la plus grande partie (2,3 milliards) sont des dépenses sociales. De ce dernier montant, 1,3 milliard ira aux pensions. L’objectif est de relever d’ici 2024 la pension minimale à 1.500 euros par mois pour une carrière complète (45 ans). C’est le principal cheval de bataille des socialistes. Le solde, soit 1 milliard d’euros, sera pour les soins de santé, dont le budget sera indexé de 2,5% par an (en plus de l’indexation) à partir de 2022.

2,5%
La norme de croissance du budget Inami a été portée à 2,5% par an à partir de 2022.

Un fonds "blouses blanches" de 402 millions d’euros avait été voté en début d’année pour stimuler l’embauche. Aujourd’hui, on y ajoute 600 millions par an pour la revalorisation des salaires et la formation du personnel de santé. Une autre enveloppe de 200 millions par an est prévue pour les soins de santé mentale.

Le milliard d’euros pour des mesures temporaires sera surtout consacré à des dépenses liées au Covid-19 (chômage temporaire, soutien aux entreprises, etc.) et ne concernera que les années 2021 et 2022.

Quant au milliard destiné à l’investissement, l’objectif est d’arriver à 4% du PIB à l’horizon 2030 (contre 2,6% aujourd’hui). Le rail, la digitalisation et la sécurité figureront parmi les principaux bénéficiaires.

©Mediafin

Assainissement

Ces dépenses s’inscrivent dans un contexte budgétaire tendu. C’est pourquoi le nouveau gouvernement promet de ne pas relâcher l’effort d’assainissement. Celui-ci se traduira par un effort "fixe" de 0,2% du PIB par an dès 2021. A cela s’ajoutera un effort "variable" de 0,2% par an à partir de 2022 si la situation économique le permet. Au final, en 2024, cela donne 0,8% d’effort variable et 0,6% d’effort fixe.

60
milliards d'euros
Il faudra 1,4% du PIB ou environ 60 milliards d’euros pour maintenir le budget sur les rails et financer les nouvelles mesures.

Résultat des courses : il faudra 1,4% du PIB ou environ 60 milliards d’euros pour maintenir le budget sur les rails et financer les nouvelles mesures. Ce montant colossal sera réparti en trois parties : un tiers de dépenses en moins, un tiers de recettes en plus et un dernier tiers intitulé "divers".

L’accord de gouvernement mentionne à plusieurs endroits la nécessité de s’assurer de l’efficacité des dépenses, notamment en matière de santé où le système de paiement à l’acte pousse à une certaine surprescription/surconsommation. De nouveaux impôts semblent néanmoins inévitables, mais Egbert Lachaert (Open Vld) a assuré qu’ils seraient "minimaux".

"Taxe corona" pour les plus riches?

La piste d'une taxe sur les plus-values ou d'une nouvelle taxe sur les comptes-titres est abandonnée, mais l'accord indique tout de même que "le gouvernement demandera une contribution équitable aux individus qui ont la plus grande capacité contributive". "Cette contribution s’inscrira dans le cadre des efforts requis dans le contexte sanitaire actuel..."

La résorption du déficit ne sera en tout cas pas la priorité immédiate, tant que le Covid sera là. L’Europe autorise d’ailleurs une certaine flexibilité. Toute projection en matière de déficit est du reste tributaire de l’évolution de la pandémie. En cas de reconfinement, il faudra repartir d’une feuille blanche. Dans l’immédiat cependant, on attend un nouveau rapport du Comité de monitoring, qui sera remis cette semaine au prochain ministre du Budget.

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