5 dossiers qui ont fait trembler Martens

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Drame du Heysel, attentats des CCC, les Fourons: le règne politique de Wilfried Martens a été émaillé de nombreuses tragédies et psychodrames.

Wilfried Martens a connu une longévité politique exceptionnelle, de 1979 à 1992, mais cette carrière a été émaillée de dossiers difficiles qui ont marqué à jamais l'esprit des Belges. Retour sur ces bourbiers, casse-tête et tragédies qui ont miné les années Martens.

1. L’avortement

En 1990, le roi Baudouin, fervent catholique, refuse de signer la loi qui dépénalise partiellement l'avortement. Il plonge la monarchie dans une crise comme elle n'en avait plus connue depuis la Question royale. Wilfried Martens propose au Roi une solution: l’impossibilité de régner, qui permet au gouvernement de signer la loi litigieuse à la place du

roi. C’est ainsi que le Premier ministre CVP signera une loi qu’il n’avait pas votée.

 

2. Le drame du  Heysel

Martens V a chuté sur un drame qui marquera à jamais la Belgique: la catastrophe du Heysel, qui a vu la mort de 38 supporters lors d’un match Juventus-Liverpool. Outre la tragédie humaine, cette catastrophe a entraîné la Belgique dans un psychodrame politique. Charles-Ferdinand Nothomb, alors ministre de l’Intérieur, était sur la sellette. Jean Gol, alors vice-Premier, n’admettait pas que Nothomb ne renonce pas à ses fonctions ministérielles; il a démissionné. Wilfried Martens a alors présenté au Roi la dissolution des Chambres.

3. Les tueurs du Brabant

Les années Martens ont été marquées pas des années de violence, avec les tueries du Brabant wallon mais aussi les attentats des CCC.

Les tueurs du Brabant ont sévi entre 1982 et 1985 mais l’affaire, qui a entraîné la mort d’au moins 28 personnes, n’a jusqu’à aujourd’hui jamais été élucidée. Ces attentats ont plongé Wilfried Martens en plein désarroi. Il pointe la difficulté de son rôle, alros que le gouvernement est soumis à toutes les critiques. " Nous n’avions aucun contrôle ni aucun moyen de pression sur les services de police si l’on excepte le budget. "

4. Les CCC

Les Cellules Communistes Combattantes, organisation d’extrême gauche, ont sévi en Belgique, perpétrant de nombreux actes odieux. Bilan: 25 attentats à la bombe, deux pompiers tués, 25 blessés. En 1985, les principaux membres, dont Pierre Carette, sont arrêtés. "J’ai vécu la vague de terreur instaurée par les CCC d’extrême gauche autrement que celle des

tueurs du Brabant wallon. Je me sentais personnellement visé puisque j’étais la figure de proue d’un Etat de droit démocratique celui-là même dont les CCC voulaient le renversement.

 

5. Les Fourons

La question des Fourons a véritablement empoisonné la carrière politique de Martens. Symbole de l’union/désunion de la Belgique, de l’amour/désamour entre néerlandophones et francophones, le dossier linguistique a provoqué plusieurs crises gouvernementales. " Le grand défi de mon projet fédéral était de minimiser les conflits linguistiques pour faire face aux grandes priorités économiques et sociales", écrit-il. S’il loue les avancées réalisées ensuite par Jean-Luc Dehaene dans ce bourbier, " grâce à sa technologie de pointe en matière communautaire ", il avoue que cette période lui a laissé "un goût amer". Pour rappel, des réformes promulguées en 1988, dont la loi de pacification, ont fortement apaisé les problèmes linguistiques de la région des Fourons.

 

• Les citations de cet article sont tirées de " mémoires pour mon pays ", Wilfried Martens, Editions Racine, 2006.

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