50.000 emplois menacés dans la construction

La Confédération Construction craint pour l'emploi de près de 50.000 ouvriers dans les années à venir, suite à la concurrence des "formes alternatives d'emploi" et au rallongement dess délais de préavis.

La Confédération Construction sort la grosse artillerie. Elle chiffre à 50.000 le nombre d'emplois qui pourraient disparaître dans les années à venir, dans un contexte où la main-d'oeuvre sous-traitée, le nombre d'indépendants, de travailleurs étrangers et temporaires sur les chantiers ont sensiblement augmenté ces dernières années. " Avec le rallongement des délais de préavis, on risque d’assister à une accélération de ce phénomène et à un basculement vers un nouveau modèle économique, désastreux pour l’emploi", déclare Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Des signes tangibles indiquent que la structure du marché du travail dans la construction est en pleine mutation:

  • pour la première fois depuis 2000, l'emploi salarié dans la construction connaît une diminution (-3.500 emplois depuis début 2012),
  • le nombre d'indépendants grimpe sans discontinuer (+40%),
  • la part des ouvriers dans l'emploi total recule (même si elle s'élève encore à 64%),
  • le nombre de travailleurs détachés de l’étranger est en hausse (20.000 équivalents temps plein suivant les chiffres officiels) et
  • l'intérim augmente lui aussi, souligne l'association patronale.

Elle ajoute que pour les entreprises de construction, une harmonisation des statuts représente surtout un alourdissement des coûts. "Si l'on rallonge les délais de préavis, un licenciement coûtera jusqu'à 15 fois plus cher, estime la Confédération Construction. En conséquence, un nombre croissant d'entreprises de construction optera pour l'une ou l'autre alternative au contrat de travail à durée indéterminée. De cette manière, jusqu'à 50.000 postes d'ouvriers pourraient disparaître dans les années à venir, ce qui représente une perte de revenus de plus d'1 milliard pour le Trésor!"

Le sujet est d'autant plus sensible que le marché est en repli. Toujours selon les chiffres de la Confédération Construction, si en 2012, le génie civil et le non-résidentiel ont encore pu soutenir l'activité totale de construction, pour 2013, l'activité devrait reculer de 0,2%, surtout dans le génie civil (-5%), mais aussi dans la rénovation (-1%). Pour ce qui concerne le résidentiel, une légère augmentation est à prévoir (+1%), tandis que la construction non résidentielle devrait connaître une année plus positive (+4%).

"La construction est aujourd’hui encore et toujours un secteur qui emploie une main-d’œuvre salariée, conclut Robert de Mûelenaere. Les courts délais de préavis en vigueur représentent une forme de flexibilité, dont les ouvriers font aussi volontiers usage. La seule solution possible pour l'harmonisation des statuts consiste à permettre qu’au-delà d’un délai minimum fixé par la loi, des délais distincts soient appliqués par secteur. On ne va tout de même pas imposer au secteur de la construction, confronté à des contraintes et situations tout à fait spécifiques, les délais de préavis en vigueur dans les banques et les assurances ".

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