Plusieurs partis voudraient ramener la TVA sur l'électricité à 6% au lieu de 21%. Mais derrière une mesure apparemment sympathique se cache surtout une fausse bonne idée.

Le humez-vous ce parfum électoral? La Chambre a examiné ce mercredi plusieurs propositions de loi visant à abaisser la TVA sur l’énergie. De prime abord, la mesure apparaît sympathique. Qui ne voudrait pas payer son électricité (et son gaz) moins cher? Comment ne pas reconnaître que les prix sont trop élevés pour de nombreux ménages qui ont des difficultés à boucler leurs fins de mois?

Pourtant, y regarder de plus près, le projet est le prototype de la fausse bonne idée, agrémentée de quelques relents populistes et électoralistes. 

Les prix de l'électricité ont plutôt... diminué en 2019. Il n'y a donc actuellement aucune crise même s'il est indéniable que les prix de l'énergie ont grevé le pouvoir d'achat ces dix dernières années.

L'énergie la moins chère est celle qu'on ne consomme pas.

La mesure a des effets pervers. Puisque les prix de l'électricité sont répercutés dans l'indice santé, la progression des salaires, via le mécanisme de l'indexation, est retardée. Tout bénéfice pour... les employeurs, pas pour les revenus des citoyens. 

Une baisse linéaire de la TVA profite proportionnellement davantage aux plus aisés et aux grands consommateurs. Elle peut même pousser à la surconsommation. Une diminution des prix va à contre-courant des nécessaires ambitions écologiques qui visent à une utilisation rationnelle de l'énergie.

Enfin, une baisse de la taxe représente un coût important, d'au moins 500 millions d'euros par an. Alors que le déficit budgétaire file et atteint déjà 12 milliards d'euros, est-il utile d'en rajouter ? Qui va payer ?

Plutôt qu'une mesure idéologique, il serait plus judicieux de cibler les efforts budgétaires sur l'aide aux ménages les plus précarisés - des possibilités existent déjà, comme les tarifs sociaux - et d'investir dans des économies d'énergie (par exemple via une amélioration de la performance énergétique des bâtiments). L'énergie la moins chère est celle qu'on ne consomme pas.

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