AIP: sans marge sur les salaires, la FGTB ne participera pas

La FGTB ne participera pas à la négociation du prochain accord interprofessionnel si aucune marge n'est possible en matière salariale et si elle se voit contrainte d'accéder aux exigences patronales visant à plus de flexibilité. "Ca, c'est sans nous", a averti dimanche la secrétaire générale du syndicat socialiste Anne Demelenne lors de l'émission Mise au Point (RTBF).

Selon Anne Demelenne, il n'y a "pas de marge de manoeuvre sur les salaires" et pas plus sur l'emploi car "la diminution de cotisations salariales n'en crée pas". En ce qui concerne la modération salariale, Anne Demelenne et Claude Rollin, secrétaire général de la CSC, se sont étonnés de constater que le gouvernement avait décidé de ne pas se référer complètement à la loi de 1996 sur la compétitivité. Son article 14 qui peut être invoqué pour la modération concerne également d'autres revenus que les salaires, ont-ils fait observer, et notamment les loyers, les dividendes...

Les vice-premières ministres PS Laurette Onkelinx et cdH Joëlle Milquet ont lancé un appel aux partenaires sociaux pour qu'ils s'accordent sur la concrétisation des mesures de relance prises par le gouvernement. Selon Laurette Onkelinx, il sera possible d'agir sur l'enveloppe de baisse des cotisations sociales visant à créer de l'emploi, le dispositif destiné à exonérer les bas salaires de la modération salariale et la définition du processus par lequel les employeurs investiront dans la formation.

En matière de flexibilisation, elle espère également que les partenaires sociaux pourront avoir une "discussion" sur l'annualisation du temps de travail, en veillant à protéger les travailleurs et favoriser la compétitivité.

Pour les organisations patronales, ces mesures constituent "un premier pas" qui en appelle d'autres. "Il en faudra un deuxième autour de la modération salariale, l'indexation et la réduction des charges", a demandé l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans.

Pour Karel Van Eetvelt, administrateur délégué de l'Unizo, il faut un "choc économique". Dans certains secteurs, il faudrait pouvoir augmenter les heures de travail, a-t-il souligné.

Pour Anne Demelenne, ce qu'on dit aux travailleurs c'est "vous voulez gagner plus, il faudra travailler plus, ça c'est du sarkozysme".

Parmi les mesures qui ont fait l'objet de décisions lors du conclave budgétaire, il en est une qui concerne la révision du panier de la ménagère sur base duquel se calcule l'indexation des salaires. S'il s'agit simplement d'une actualisation des produits à l'évolution des modes de consommation, conformément à la philosophie de la loi, il n'y a pas de problème, a indiqué le secrétaire général de la CSC, Claude Rollin.

Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet ont assuré que tel était bien l'esprit de la décision. En revanche, le vice-premier ministre MR Didier Reynders a indiqué que "l'orientation" visait à obtenir "un rattrapage de l'écart salarial" et donc "bien entendu, cela va ralentir le processus (d'indexation). Si tel n'avait pas été le cas, on ne l'aurait pas inscrit dans l'accord".

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