Airbnb continue de croître en Belgique

Philippe Coulon, directeur d'Airbnb Belgique. ©BELGA

Le site de location de vacances séduit de plus en plus en Belgique avec plus de 10.000 annonces. Même la Wallonie commence à y prendre goût.

Lancé en 2008, le site de location de vacances entre particuliers Airbnb est devenu en quelques années l’emblème de l’économie dite collaborative. En Belgique, où le concept d’arrondir ses fins de mois tout en partageant une expérience locale séduit particulièrement à Bruxelles et en Flandre, la plate-forme affiche une croissance soutenue. Sur les deux millions d’annonces issues de 190 pays, 10.400 sont aujourd’hui belges, soit deux fois plus que l’an dernier.

Un modèle simple

"A Bruxelles, les règles imposées sont disproportionnées."
Philippe Coulon
Directeur d’Airbnb Belgique

Le siège d’Airbnb se trouve à San Francisco, où l’entreprise a débuté ses activités, mais l’Europe est devenu son premier marché. "Aujourd’hui, plus de 50% de l’activité d’Airbnb y est réalisée", a commenté Nicolas Ferrari, directeur pour la France. Selon le "Wall Street Journal", la société, qui revendique 60 millions de clients dans le monde, générerait quelque 900 millions de dollars de chiffre d’affaires par an.

Son modèle économique repose essentiellement sur sa plate-forme en ligne, qui met en relation des hôtes et des touristes sur le modèle des commissions. Pour chaque réservation, Airbnb prélève ainsi 3% auprès de l’hôte et entre 6 et 12% chez le voyageur. Grâce à ce système, l’hôte belge empoche en moyenne 2.300 euros par an, déclarés ou non, selon des chiffres divulgués par Airbnb.

Fiscalité trop complexe à Bruxelles

Le développement rapide d’Airbnb en Belgique avait provoqué une levée de boucliers des professionnels de l’hôtellerie, qui s’insurgeaient contre le développement sans garde-fou de la para-hôtellerie. "En Flandre, le décret qui a été pris pour régler la matière est en ligne avec les activités qu’offrent Airbnb", explique Philippe Coulon, fraîchement nommé directeur pour la Belgique.

À Bruxelles, c’est une tout autre histoire. "L’ordonnance et ses arrêtés d’exécution s’orientent vers une complexité trop importante. Les règles imposées sont disproportionnées", estime Philippe Coulon, qui cite comme exemple l’obligation pour le propriétaire d’un logement en copropriété d’obtenir l’accord de tous les copropriétaires lors d’une assemblée générale.

En Wallonie, où l’on dénombre désormais 1.400 offres d’hébergements, les autorités n’ont pas encore adopté de mesures spécifiques pour encadrer l’hébergement et la location entre particuliers.

©Patrick dhaeyere

Des particuliers mais pas que…

On se souvient également que le secteur locatif avait le sentiment de se faire souffler une partie du marché. Mais certains ont su tirer profit d’Airbnb, dont l’arrivée sur le sol belge a contribué à élargir l’offre et la demande. Si la grande majorité des hôtes s’avèrent être des particuliers, on retrouve également quelques agences nationales et internationales qui agissent le plus souvent comme courtiers pour les propriétaires.

Cette tendance à la professionnalisation, à l’opposé de l’ADN d’Airbnb, ne semble cependant pas inquiéter la société pour le moment. "85% de nos hôtes sont des particuliers. Il y quelques cas rares mais tant qu’ils respectent les règles d’hospitalité et qu’ils jouent le jeu de l’économie collaborative, ils sont les bienvenus", a conclu Philippe Coulon.

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