Alexander De Croo: "Il faut un plan de relance et un plan de confiance"

Afin de respecter la distanciation sociale, la déclaration de politique générale se déroulait dans l'hémicycle du Parlement européen. ©Photo News

Dans un discours plutôt bref, le nouveau Premier ministre belge a déclaré vouloir restaurer la confiance au niveau économique, mais aussi au niveau politique en la faisant rimer à nouveau avec l'éthique.

Afin de permettre aux 150 députés d'être présents, c'est au Parlement européen que le nouveau Premier ministre a prononcé la déclaration de politique générale. Alexander De Croo (Open Vld) a opté pour la version courte, dressant en moins de vingt minutes les grandes lignes de l'accord conclu par les sept partis de la coalition Vivaldi. Il a débuté son discours en évoquant les malades, les citoyens ayant perdu des proches et le personnel soignant actif en première ligne depuis le début de la crise sanitaire. "Le gouvernement fera tout son possible pour endiguer les contaminations. Car notre pays, notre économie et nos entreprises ne peuvent se permettre de nouveaux confinements généralisés", a déclaré le Premier avant d'aborder le refinancement des soins de santé et le rehaussement de la pension minimum à 1.500 euros. "Celui qui a travaillé toute sa vie a droit à une pension digne!"

"C'est bien le siècle de la femme! La parité hommes-femmes au sein du gouvernement est une étape historique dans notre pays, car la diversité nous rend plus fort!"
Alexander De Croo (Open Vld)
Premier ministre

La lutte contre l'exclusion sociale sera dotée de nouveaux moyens tandis que ce gouvernement combattra toutes les formes de discrimination, a affirmé le libéral citant en exemple l'allongement du congé de paternité à 20 jours. "C'est bien le siècle de la femme! La parité hommes-femmes au sein du gouvernement est une étape historique dans notre pays, car la diversité nous rend plus forts!"

C'est la croissance et un taux d'emploi élevé qui permettront de mener des politiques sociales et de solidifier la sécurité sociale, a ensuite déclaré en substance Alexander De Croo qui annonce une vaste réforme fiscale visant à alléger les charges qui pèsent sur les ménages tout en élaborant une forme de taxation numérique. "Dans ce dossier, la Belgique jouera un rôle de précurseur au niveau européen." Quant à la lutte contre la fraude fiscale, elle se poursuivra sans relâche selon ses propres mots.

"La Belgique s'engage à 100% dans le Green Deal européen. Il ne faut pas opposer écologie et économie. L'un et l'autre doivent se renforcer, créer des emplois, renforcer la qualité de vie et la capacité d'innovation."
Alexander De Croo (Open Vld)
Premier ministre

Il s'agira d'un gouvernement d'investissements avec un accord ambitieux au niveau environnemental, a-t-il poursuivi. "La Belgique s'engage à 100% dans le Green Deal européen. Il ne faut pas opposer écologie et économie. L'un et l'autre doivent se renforcer, créer des emplois, renforcer la qualité de vie et la capacité d'innovation. En développant l'éolien et le photovoltaïque d'Ostende à Arlon." L'agenda numérique occupera aussi une place centrale, de la Justice aux soins de santé: "la Belgique de l’avenir, c’est la Belgique digitale."

Il faut un plan de relance mais aussi un plan de confiance, a professé le Premier qui dit s'engager en faveur d’une politique constructive, de confiance et de respect. Et qui dit vouloir faire rimer politique avec éthique. Concrètement, cela passera par la confirmation du statut de lanceur d'alerte, la diminution de l'âge légal à 16 ans pour le vote aux élections européennes ainsi que la lutte contre les fake news.

"Service minimum"

"C'était le service minimum aujourd'hui", a réagi Raoul Hedebouw qui demande que l'on transmette à l'opposition les documents budgétaires. "Pour leur symbole, la pension à 1.500 euros, ils ne savent même pas si c’est brut ou net. Pour un ministre qui gagne 11.000 euros par mois, ça ne fait pas de différence, mais pour le pensionné qui aura 1.500 ou 1.380 euros, ce n’est pas la même chose du tout", a commenté le leader du PTB à la Chambre.

"Enrober la réalité avec des totems que l'on peut mettre en avant, ce n'est pas respectueux des gens!"
Catherine Fonck (cdH)
Cheffe de groupe à la Chambre

Pour Catherine Fonck (cdH), cet écart de 200 euros n'est pas en phase avec le discours du Premier qui a parlé de confiance et de respect. "Enrober la réalité avec des totems que l'on peut mettre en avant, ce n'est pas respectueux des gens!"

Une incohérence également relevée par François Desmet (DéFI). "Il a vendu les aspects les plus faciles du programme. Comme pour la parité du gouvernement alors que la majorité interrompt le circuit parlementaire d'une loi qui aurait permis à 500 femmes par an de ne plus aller aux Pays-Bas pour se faire avorter..."

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés