analyse

Allier PS et N-VA, l'unique mission de Geens

Joachim Coens (à droite) aurait mal digéré que Koen Geens (à gauche) ne le mette au courant de la mission qui lui avait été confiée par le Roi qu'au tout dernier moment.

Mandaté par le Palais pour tenter de progresser dans les négociations fédérales, Koen Geens avancera en terrain miné. Notamment par son propre parti qui ne lui donne qu'une seule option: aboutir à une coalition PS et N-VA.

Enchaînement (enfin) de rebondissements au Fédéral. Alors que, vendredi soir, Koen Geens acceptait une mission du Palais dans la surprise générale – y compris du CD&V –, son parti aurait décidé de montrer les dents, rapportent nos confrères du Standaard.

Le président des démocrates-chrétiens flamands (et ex-informateur) Joachim Coens aurait mal digéré la manœuvre de Koen Geens qui ne l'aurait mis au courant par téléphone qu'au tout dernier moment de la mission qui lui avait été confiée. Pour rappel, le Roi lui a demandé de prendre les "initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice".

10
février
D'après les exigences de la direction du CD&V, la mission de Koens Geens doit se terminer au plus vite. La date du 10 février circule.

En agissant de la sorte, le vice-premier et ministre de la Justice est allé à l'encontre de la stratégie du parti, qui court désormais le risque d'être celui qui décidera d'aller aux élections anticipées en cas d'échec des négociations. Et il a forcé, au passage, son patron à sortir du bois, dimanche, sur les plateaux télé.

Une réunion au sommet s'est donc tenue dimanche soir. Il en est ressorti un cadre clair, transmis à Koen Geens: la mission devra se terminer le plus rapidement possible – si possible le 10 février déjà, selon De Standaard –, et ne peut en aucun cas rouvrir la piste d'une coalition Vivaldi (alliant socialistes, écolos, libéraux et démocrates-chrétiens). Ce dernier point a encore été répété, lundi, en bureau de parti, où personne ne s'est félicité que la balle revienne dans le camp du CD&V.

Dans l'intérêt général

Ça, Koen Geens lui-même en est bien conscient. L'intéressé n'a d'ailleurs jamais caché son désir d'aller jusqu'au bout de la piste PS/N-VA, qui offre le double avantage d'avoir une majorité côté flamand et d'associer dans un gouvernement le plus gros parti de Flandre, et du pays. Et ce dernier de se concentrer sur les "petites ouvertures" constatées, que certains ont rapidement balayées car trop maigres. 

Koen Geens aurait finalement conclu que "parfois, accepter une mission dans l'intérêt général est plus difficile que de refuser quelque chose dans son propre intérêt".

Le vice-premier ministre a d'ailleurs hésité avant d'accepter de monter à bord de cette mission royale. Tout le monde voyait déjà Bart De Wever embarquer pour un tour en solo, histoire que la N-VA prenne finalement ses responsabilités. Ou qu'il le fasse en duo avec Paul Magnette, dans l'optique, de la part des autres partis, de démontrer que la piste de la coalition Andorre ne tenait pas la route.

Koen Geens aurait finalement conclu que "parfois, accepter une mission dans l'intérêt général est plus difficile que de refuser quelque chose dans son propre intérêt", entend-on dans son entourage. Quitte à devoir s'engager dans un champs de mines. Et lâcher aussitôt les armes en cas d'échec – ce que le "niet" de Paul Magnette de la semaine dernière pourrait suggérer.

Pas vraiment une surprise

Quant à la surprise causée par le choix du Palais, le nom du ministre circulait déjà depuis mardi, selon De Standaard. Ce qui semble indiquer que, contrairement à ce que dit publiquement le CD&V, des membres du parti étaient au courant de la mission qui attendait Koen Geens. D'autant que nombreux étaient ceux pour qui envoyer De Wever en mission aurait été un tour pour rien, qui n'aurait fait que renforcer le sentiment d'enlisement, voire d'antagonisme. Bart De Wever qui a encore rappelé en ce début de semaine qu'un accord est théoriquement possible.

Le Palais aurait donc fait le choix d'un homme dans lequel il a confiance. Et d'aucuns de souligner que le chef de cabinet du Roi, Vincent Houssiau, fut jusque fin 2017... au service de Koen Geens.

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