Anvers est-elle à la pointe de la lutte contre le coronavirus?

Les chiffres des contaminations grimpent en flèche à Anvers. Grâce à un meilleur suivi des contacts et des dépistages plus nombreux? ©BELGA

Des initiatives locales de suivi des contacts se développent ces dernières semaines dans plusieurs villes de Flandre, dont Anvers. Les tests de dépistage sont, quant à eux, beaucoup plus nombreux au nord qu'au sud du pays.

Anvers-Nord, Borgerhout, Malines ou encore Halle... Ces localités flamandes tentent de prendre les devants dans la lutte contre le coronavirus. Comment? En mettant en place des cellules de suivi des contacts à petite échelle, en complément du dispositif d'ampleur développé par la Région flamande.

Dans le nord d'Anvers et le district de Borgerhout, les zones où le plus grand nombre de contaminations ont été relevées, une équipe de onze personnes ('case managers') est à pied d'oeuvre depuis vendredi dernier. Composée de médecins pensionnés ainsi que d'étudiants en sciences infirmières et sociales, elle vise à entrer en contact rapidement avec les personnes testées positives. L'idée n'est pas de remplacer les contacts téléphoniques qui seront réalisés par le call-center régional, mais plutôt de préparer au mieux ces personnes à cet appel qui ne survient pas toujours très rapidement.

"Si les personnes infectées comprennent bien ce qu'on attend d'elles, un case manager n'est pas nécessaire. Toutefois, la barrière de la langue ou encore un faible niveau d'éducation peuvent parfois compliquer la donne. Il faut aussi convaincre certaines personnes de donner des informations sur les contacts qu'elles ont eus", expliquait samedi dernier la gouverneure de la province d'Anvers, Cathy Berx, dans De Morgen.

Anvers à la pointe?

Alors que sa Ville est frappée de plein fouet par l'épidémie, le bourgmestre anversois, Bart De Wever (N-VA), a tenté de se défendre ce mardi en s'inquiétant de la situation dans d'autres centres urbains du pays. À l'écouter, les chiffres importants observés dans la Métropole s'expliquent par un suivi de la situation plus accru qu'ailleurs. "Nous avons les données plus rapidement" et "des liens très étroits avec la première ligne", s'est-il vanté.

"Nous avons les données plus rapidement qu'ailleurs dans le pays."
Bart De Wever
Bourgmestre d'Anvers

Difficile à vérifier... Par contre, une chose est claire: le dispositif de suivi local des contacts mis en place à Anvers Nord et Borgerhout n'est opérationnel que depuis quelques jours. Trop peu de temps donc pour disposer d'un réel avantage sur d'autres villes.

38.811
Tests
Plus de 38.800 tests de dépistage du coronavirus ont été réalisés en province d'Anvers entre le 10 et le 23 juillet.

Et le dépistage, corollaire indispensable au bon fonctionnement du contact tracing, est-il plus développé à Anvers? D'après des données de Sciensano, c'était effectivement le cas ces dernières semaines. Entre le 10 et le 23 juillet, 33.811 tests, dont 1.060 positifs, ont été réalisés dans la province anversoise.

Une tendance qui n'est pas illogique dans la mesure où il est recommandé d'accroître le testing lorsque des foyers sont identifiés, ce qui fut le cas dans cette province.

Bruxelles veut augmenter le testing

Sur la même période, 28.439 dépistages ont eu lieu en Flandre orientale, 24.581 en Flandre occidentale, 15.619 dans le Hainaut, 15. 526 dans le Limbourg et 12.719 à Bruxelles.

Dans la capitale, une augmentation de la capacité de testing est à l'étude, alors qu'une saturation des centres a été observée ces derniers jours. Seuls quatre centres sont actuellement opérationnels, contre 13 il y a quelques semaines encore, ce qui engendre parfois des délais de plusieurs jours pour ceux qui veulent ou doivent se faire dépister.

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