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44% des travailleurs ont besoin d'une mise à niveau de leur formation

Avec le numérique, de nouvelles compétences sont apparues, et la maîtrise des nouvelles technologies est un véritable défi en termes de formation continue. ©Tim Dirven

Le Conseil supérieur de l'emploi (CSE) a consacré son nouveau rapport annuel à la formation continue des travailleurs. Un constat: les bénéfices de la formation restent mal connus ou compris des travailleurs et de leurs employeurs.

Arrêter  de voir la formation comme un coût difficile à supporter, comme une charge de travail supplémentaire à porter, bref, comme un obstacle difficilement surmontable. C’est ce que recommande (fortement) le vice-président du Conseil supérieur de l’emploi. Steven Vanackere a présenté ce jeudi le nouveau rapport fraichement sorti des cartons de l’institution fédérale. Un document qui épingle une nouvelle fois des constats battus et rebattus: la Belgique est en retard comparé à ses concurrents voisins en termes de formation continue des travailleurs (un taux de participation de 54%, contre 74% aux Pays-Bas notamment). Et chacun, tant employeur que travailleur, en porte la responsabilité.  

"Il faut que l’on comprenne qu’apprendre de nouvelles choses (et donc se former), c’est aussi amusant et enrichissant."
Steven Vanackere
Vice-président du Conseil supérieur de l'emploi

Le rapport du Conseil supérieur de l’emploi pointe en effet, entre autres données, que 40% des adultes ne souhaitent pas participer à une formation continue, et que seulement 54% des travailleurs estiment très important d’être formé dans leur emploi actuel. Une mentalité à changer, explique le vice-président du CSE.  "Il faut que l’on comprenne qu’apprendre de nouvelles choses, c’est aussi amusant et enrichissant", dit Steven Vanackere. "Que l’on en tire un bénéfice important. Et qu’il  faudrait donc avoir un discours plus positif face aux opportunités d’apprendre."

Les bénéfices qu'apportent les formations n'apparaissent pas de manière évidente aux yeux des travailleurs, notamment en termes de progression de carrière et de revenus, constate le CSE. De même pour les employeurs qui voient encore souvent la formation uniquement sous le prisme du coût, alors qu'elle apporte clairement des gains en termes de productivité.

Un objectif de 5 jours par an

Les chances de se former vont néanmoins bientôt se renforcer avec l’arrivée du projet du ministre socialiste de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne, d’offrir un droit individuel à la formation pour chaque travailleur, à raison de cinq jours par semaine d’ici 2024. Le projet, qui doit arriver dans les semaines qui viennent sur la table du gouvernement, entre dans la stratégie de lutte contre les pénuries de main-d’œuvre. L’objectif étant de faciliter leur reclassement et de les aider à se mettre à jour face à l’évolution exponentielle et rapide de la technologie. "Le risque d’obsolescence des compétences existe, dit d’ailleurs la chef de cabinet du ministre Dermagne, Florence Lepoivre. Le consensus là-dessus est général."

D’après le CSE, 44% des travailleurs auraient besoin d’une remise à niveau de leur formation, et la moitié d’entre eux sont peu qualifiés. La durée des formations reste aussi trop basse: 24h/an/travailleur en Belgique, contre 32h dans les pays voisins. Pas de quoi se montrer particulièrement à la pointe…  

Des freins à lever

Parmi les freins qui empêchent la machine formation de s’emballer, on retrouve leur organisation. En Belgique, il n’existe pas de soutien aux entreprises pour embaucher une personne en remplacement d’un travailleur en formation. Dans les PME et TPME, c’est une véritable entrave. Le rapport montre d’ailleurs que dans les TPME, seuls 52% des travailleurs reçoivent une formation, contre 60% dans les PME, et 65% dans les grandes entreprises (plus de 500 travailleurs).  

52%
travailleurs TPME
Dans les TPME, 52% des travailleurs reçoivent une formation, contre 65% dans les grandes entreprises.

Du côté des travailleurs, on pointe l’âge et la santé (chez les plus âgés et les moins diplômés), ainsi que les horaires et la conciliation avec la vie familiale. "C’est une question de motivation et de contexte", nous dit Steven Vanackere. Certains des freins pourraient être levés si les horaires de formation étaient mieux adaptés. "Les universités et hautes écoles qui organisent des formations pour adultes reconnaissent elle-même que l’organisation ne correspond pas aux réalités du travail". Mais pour le vice-président du CSE, prendre la voie de la formation et la réorientation demande aussi un effort personnel et une volonté de s’investir. Même en dehors des heures de travail.

Quant au soutien aux entreprises pour des éventuels remplacements, "dans un environnement où il y a déjà d’importantes pénuries, avoir des équipes de réserve volantes est quelque chose qui reste très difficile", conclut-il.

Le résumé

  • Le taux de participation des Belges à la formation continue reste trop bas: 54%.
  • Notre pays accuse toujours un retard en la matière comparé aux pays voisins.
  • Les bénéfices de la formation sont pourtant importants: gain de productivité, renforcement des compétences des travailleurs.
  • Le gouvernement va bientôt s'atteler au problème avec le projet du droit individuel à la formation de 5 jours par an.

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