edito

Assumons enfin la sortie du nucléaire

Newsmanager

Après la communication d'Engie, la fin de nos centrales nucléaires se précise.

La volonté exprimée par Engie d’arrêter ses investissements dans le nucléaire belge a le mérite d’offrir davantage de clarté sur l’avenir énergétique de notre pays. A moins d’un revirement, la production d’électricité par le nucléaire, c’est fini en 2025. La communication d’Engie résonne comme un coup de grâce pour la filière.

Cette sortie du nucléaire est programmée depuis 2003. Depuis lors, elle a été maintes fois repoussée, conditionnée ou remise en cause. Qu’on l’aime ou pas, il est temps d’assumer enfin ce choix stratégique adopté par une majorité parlementaire démocratique il y a des années.

L'intention d'Engie est cohérente. La sortie du nucléaire est inscrite dans l’accord du gouvernement Vivaldi, même si une porte de sortie restait possible. Cette échappatoire est désormais très réduite. Mais quoi qu’il en soit, la transition énergétique est au cœur du projet du gouvernement De Croo. Elle est aussi le moteur du "green deal" européen avec l’ambition de décarboner l’économie du Vieux continent à l’horizon 2050. L’avenir énergétique de l’Europe et de la Belgique, c’est essentiellement le renouvelable. Le nucléaire, c’est le passé. Prolonger deux réacteurs déjà anciens et y consentir de nouveaux investissements n’était au mieux qu’un pis-aller temporaire.

L’énergie verte peut et doit remplacer le nucléaire comme fleuron industriel et vivier d’emplois.

Cette sortie du nucléaire pose d’énormes défis aux gouvernements fédéral et régionaux. Il faudra les gérer avec davantage de professionnalisme et de volontarisme que ce qui a été fait jusqu’ici. Sur l’approvisionnement en énergie, l’enjeu crucial sera la fourniture en gaz, complémentaire au renouvelable, ce qui implique la mise en application sans tarder du système de CRM (mécanisme de soutien aux capacités de production d'électricité). Il faudra veiller à garder des prix acceptables dans l’intérêt des particuliers comme des entreprises.

La sortie du nucléaire rend aussi la poursuite des objectifs climatiques un tout petit peu plus compliquée, même si une prolongation de deux réacteurs ne permettrait à la Belgique que de voir ses émissions de CO2 reculer de 1 à 2%. La Belgique n’en aura de toute façon pas non plus fini avec le nucléaire : l’emploi d’un personnel hautement qualifié, le démantèlement des centrales, la gestion des déchets méritent une attention soutenue. Enfin, l’énergie verte peut et doit remplacer le nucléaire comme fleuron industriel et vivier d’emplois.

Face à tous ces défis, la Belgique est déjà en retard. Elle l’est aussi dans le déploiement du renouvelable. Il est temps d’avancer. Nos gouvernements n’ont plus l’excuse commode de l’incertitude pour ne pas le faire.

Lire également

Messages sponsorisés