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analyse

Au Fédéral, le bout du tunnel n'est toujours pas en vue

Bart De Wever propose au PS de négocier, tout en l'invectivant. La stratégie ne prend pas... ©BELGA

Une solution au blocage politique au Fédéral reste insaisissable. La N-VA a une nouvelle fois renvoyé la balle dans le camp du PS, qui refuse de la réceptionner. La partie risque d'être encore longue.

Le monde d’après? Nombre de responsables politiques francophones l’appelaient de leurs vœux vendredi dernier à l’occasion de la Fête du travail. Pour le concrétiser, un gouvernement fédéral disposant d’une majorité parlementaire ne sera pas superflu. Sa formation s’apparente cependant toujours à une mission herculéenne, comme l’illustrent les dernières déclarations du président de la N-VA, Bart De Wever.

PS et N-VA, bis repetita

Pour l’homme fort des nationalistes flamands, cela ne fait aucun doute: un nouveau gouvernement devrait être mis en place après l'expiration des pouvoirs spéciaux en juin. Constitué en urgence le 17 mars dernier, l’exécutif minoritaire Wilmès II, soutenu de l'extérieur par sept formations, voit son crédit s’étioler alors que la crise sanitaire semble en passe d'être surmontée.

"J'ai l'impression que le PS a renoncé au niveau fédéral."
Bart De Wever
Président de la N-VA

Dans ce contexte, Bart De Wever, a réitéré dimanche son souhait de retourner à la table des négociations avec le Parti Socialiste. "Mais le PS le veut-il? Je ne pense pas. J'ai l'impression que ce parti a renoncé au niveau fédéral", a-t-il assuré. Après avoir fait part de ses doutes, celui qui est aussi bourgmestre d’Anvers n’a pu s’empêcher de répéter ses griefs à l’encontre des socialistes francophones. "Si nous suivons le PS, ce sera celui qui travaille, épargne et entreprend qui devra assumer le poids de la reprise. En bref: le Flamand", a-t-il lancé. Pour restaurer la confiance, on a connu mieux...

Le président de la N-VA en est vraisemblablement conscient. Loin de s'attendre à la formation prochaine d'un gouvernement l'associant ou l'excluant, il table plutôt sur un nouvel épisode d'affaires courantes. "Cela durera jusqu'à ce que les gens en aient vraiment marre. Et alors la réforme confédérale arrivera sur la table", assène-t-il.

"Si nous suivons le PS, ce sera celui qui travaille, épargne et entreprend qui devra assumer le poids de la reprise. En bref: le Flamand."
Bart De Wever
Président de la N-VA

Sa main tendue, assortie de son lot de critiques, a laissé froid du côté du Boulevard de l’Empereur. "Le PS n'a pas de commentaires à faire à ce propos. Nous restons concentrés sur la gestion de la crise", y précise-t-on. Certains membres du parti s'étonnent toutefois de l'approche adoptée par De Wever. "Drôle de façon d'inviter les gens que de les injurier", commente l'un d'eux. "Reprocher au PS de se désintéresser du Fédéral quand on prône la fin de la Belgique et la république flamande touche au ridicule", glisse un autre.

Bisbrouille francophone

Au PS, certains se sont aussi étranglés ce week-end en lisant les louanges adressées par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, au ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA). Dans une interview, l'hyperactif leader des libéraux n'a pas hésité à dire qu'il accepterait sans hésiter un tel ministre du côté francophone. Il n'en fallait pas plus pour faire bondir Frédéric Daerden (PS), qui a qualifié ces propos de "vexatoires" pour les enseignants et la ministre Caroline Désir (PS).

344
jours
344 jours nous séparent désormais des élections du 26 mai 2019.

Sur le plateau de l'émission politique "C'est pas tous les jours dimanche", la tension était tout aussi palpable entre Georges-Louis Bouchez et son homologue d'Ecolo, Jean- Marc Nollet. Le climat entre les partis francophones n'est pas de bon augure pour une éventuelle coalition Vivaldi, qui associerait libéraux, socialistes, écologistes et les chrétiens-démocrates flamands.

Résumons: PS et N-VA campent sur leurs positions et les partis d'une éventuelle Vivaldi se chamaillent. 344 jours après les élections et après deux mois d'une crise sanitaire inédite, rien de nouveau donc sous le soleil de la rue de la Loi. La partie risque encore de durer, à moins que de nouvelles élections ne rebattent les cartes...

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