"Au PS et à la N-VA de former un gouvernement ensemble" (Reynders et Vande Lanotte)

Johan Vande Lanotte et Didier Reynders après la remise de leur rapport final au Roi ©Photo News

Les informateurs royaux Johan Vande Lanotte (sp.a) et Didier Reynders (MR) ont rendu ce lundi après-midi leur rapport définitif au Roi Philippe après plusieurs mois de discussions entre les partis en lice pour une participation au Fédéral. Leur mission est à présent terminée. Et ensuite? On pourrait retrouver un nouveau tandem à la barre, composé d'un N-VA et d'un PS, histoire de forcer les meilleurs ennemis à composer...

Les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) sont arrivés ce lundi à 16h30 au Palais de Bruxelles pour remettre au Roi le rapport définitif de leur mission. Le 30 mai, le chef de l'Etat a chargé MM. Reynders et Vande Lanotte "d'une mission d'information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral".

Quatre mois plus tard, après de nombreuses consultations et la formation des gouvernements régionaux et communautaires, ils devraient passer le relais afin d'ouvrir une nouvelle phase dans le lent processus de formation d'un gouvernement fédéral. Le Palais a d"ailleurs confirmé vers 17h que leur mission était terminée, sans toutefois préciser qui seront leurs successeurs. Le chef de l'Etat dit tenir sa décision "en suspens", mais il est probable qu'il désigne un socialiste francophone et un nationaliste flamand pour poursuivre le travail.

"Nous sommes convaincus qu'on aurait pu ou dû aboutir à cette conclusion il y a quelques mois."
Didier Reynders

Six partis sont toujours en lice dans le schéma actuel: le PS, la N-VA, le MR, le CD&V, l'Open Vld et le sp.a. Lors de la conférence de presse qui a suivi cette dernière visite des deux informateurs chez le Roi, Johan Vande Lanotte a affirmé que pour lui, la piste associant PS et N-VA restait la plus probable. "Au PS et à la N-VA de voir s'ils peuvent trouver une base suffisante pour former un gouvernement", a confirmé Didier Reynders. "Nous sommes convaincus qu'on aurait pu ou dû aboutir à cette conclusion il y a quelques mois", a-t-il soupiré, regrettant la "diabolisation" qui s'est produite "de part et d'autre".

Le socialiste et le libéral ont ensuite insisté sur la nécessité de créer de la "confiance" entre les deux partis que tout sépare depuis cinq ans. Vande Lanotte a usé d'un style très imagé: "La confiance, c'est quelque chose qui grandit. Prenez l'exemple d'une famille où les parents ont dit pendant cinq ans aux enfants qu'ils ne pouvaient pas aller dans l'eau parce qu'il y avait des crocodiles. Si, après cinq ans, ils disent qu'en fait, il n'y avait pas de crocodiles, la chance est maigre que les enfants aillent nager tout de suite", a-t-il fait remarquer.

"Il appartient aux deux plus grandes formations du pays de se jeter à l'eau maintenant, avec ou sans crocodiles."
Didier Reynders

"On entre maintenant dans une logique de préformation. Il appartient aux deux plus grandes formations du pays de se jeter à l'eau maintenant, avec ou sans crocodiles", a conclu Didier Reynders en riant pour ce qui était peut-être sa dernière apparition sur la scène politique belge.

Didier Reynders est en effet appelé à l'Europe, son costume de commissaire l'attend. Il l'endossera le 1er novembre officiellement. Mais, le libéral, tout expérimenté qu'il soit dans toutes sortes de rôles à tous niveaux, doit quand même se plonger dans l'étude de ses matières (Justice et État de droit).

Vers un tandem Demotte-Bourgeois

©BELGA

Alors que la N-VA multiplie les appels au dialogue avec le PS, singulièrement par la voix de Theo Francken, laissé libre de tout mandat régional dans le cadre du gouvernement Jambon Ier, et que les socialistes renâclent à parler aux nationalistes d'en face, un tandem composé d'une personnalité de chacun de ces partis ferait sans doute bien l'affaire à ce moment-ci de l'histoire. Donc, une équipe composée d'un PS et d'un N-VA. Mais qui? Pour le PS, Rudy Demotte, ancien ministre-président wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pourrait faire l'affaire. Face à lui, Geert Bourgeois, ex-ministre-président flamand et fin connaisseur de l'évolution de la Belgique, pourrait également assumer le rôle.

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