Avant de dépenser plus, dépensons mieux

Editorialiste

Si l’accord final de la coalition Vivaldi concrétise l'intention de l’efficacité de l’État et privilégie la qualité sur la quantité, on signe des deux mains.

Ils se sont trouvés. Après la tension des derniers jours, les protagonistes de la Vivaldi ont dit «oui» à un programme de gouvernement, du moins dans les grandes lignes. Certains points sont déjà bien détaillés, d’autres doivent encore l’être et on parie que, pour cet équipage bigarré, ils seront autant d’occasions de se prendre la tête. Associant les contraires, la coalition rouge-bleue-verte-orange a pour base une communauté de vues, disons, très relative. Ça promet.

Même s’il y a encore mille raisons de planter l’affaire, la machine est enclenchée car il y a deal. Deal! Que c’est bon de l’écrire. Depuis le temps qu’on l’attend tous, cet accord même de base, on peut bien s'arrêter une minute pour souligner son existence.

Chapeau en particulier à celles et ceux dont on ne parle jamais, les conseillers de l’ombre, qui ont continué à bûcher ensemble, rapprochant les points de vue pendant que les premiers violons tentaient de se voler mutuellement la vedette.

Il semble que la quadrature du cercle soit en voie de résolution. Il semble qu’un équilibre (certes, encore précaire) ait été trouvé entre les aspirations des uns et des autres. La note, fortement teintée de vert dans un premier temps, a évolué pour se déplacer vers le centre, seule option possible pour mettre tout le monde d’accord.

Si l’accord final concrétise l'intention de l’efficacité de l’État et privilégie la qualité sur la quantité, on signe des deux mains.

Parmi les plus difficiles à convaincre, les libéraux revendiquent in extremis l’obtention de garanties importantes, en particulier celle-ci: il n’y aura pas d’augmentation de la pression fiscale globale pendant cette législature.

Si cela se vérifie dans les faits (on demande à voir), ce serait une très bonne chose. Pourquoi? Parce que la machine à impôts fonctionne déjà à plein régime en Belgique et parce que la qualité des services fournis n'est pas à la hauteur des dépenses engagées. Nos infrastructures de mobilité ou notre enseignement nous le disent tous les jours, ce ne sont là que des exemples. Avant d’augmenter une fois de plus la pression fiscale, tâchons d’abord de dépenser mieux la manne récoltée.

Attention, l’accord prévoit de nouvelles dépenses, notamment sociales, et cela a tout son sens au vu de la crise que nous n’avons pas fini de traverser. Mais il est convenu de ne pas ouvrir en grand le robinet de la dépense publique. Si l’accord final concrétise cette intention -l’efficacité de l’Etat- et privilégie en effet la qualité sur la quantité, on signe des deux mains.

Lire également

Messages sponsorisés