Publicité
Publicité

Avis divisés sur la pension à mi-temps

Deux manifestants lors de la "Marche pour des pensions décentes" organisée en front commun syndical au mois de mai dernier. ©Photo News

Les partenaires sociaux ont discuté ce lundi du projet de pension à mi-temps. Les syndicats y restent opposés, estimant que le texte floue les travailleurs.

Ça discute ferme entre partenaires sociaux sur le projet "pension à mi-temps" du ministre Bacquelaine. Les syndicats et représentants patronaux des secteurs public et privé se sont réunis ce lundi après-midi au comité de gestion du SPF Pensions. Ils doivent remettre au plus vite un avis sur le projet concocté par le ministre des Pensions, qui permettra aux travailleurs de faire un atterrissage en douceur de leur carrière en partant à la pension à mi-temps avant l’âge butoir du départ.

65%
D’après les syndicats, 65% des femmes ne pourront pas avoir accès à la pension à mi-temps à l’âge de 60 ans.

Le projet a déjà été approuvé en conseil des ministres. Mais il a été soumis à la concertation. Les syndicats comptent déjà rendre un avis très négatif, ressort-il de cette réunion. Il devrait être envoyé au ministre lundi prochain. La FGTB espérait avoir certains éclaircissements sur le projet, qui soulève beaucoup de questions. "Y compris pour l’administration, qui est face à de grosses inconnues sur la faisabilité de l’implémentation du projet, ou encore sur les dommages collatéraux comme le risque de piège fiscal", dit Jean-François Tamellini, le secrétaire fédéral de la FGTB en charge du dossier. On voit que techniquement, cela ne tient pas la route." Il regrette l’absence du cabinet du ministre lors des discussions, absence qui a eu pour résultat que toutes les questions sont restées sans réponse.

Les syndicats ont déjà fait part à maintes reprises de leurs réserves sur ce projet de pension à mi-temps. "Sur papier, l’idée d’une pension à mi-temps peut paraître attrayante, dit la CSC. Mais à l’intérieur, le projet est pourri. Derrière ces promesses se situe une tout autre réalité."

La FGTB et la CSC estiment d’abord qu’elle va pénaliser fortement les femmes, celles-ci risquant de ne pas répondre aux conditions d’accès. Pour rappel, il faudra avoir 63 ans minimum, et 42 ans de carrière. Pour les carrières longues, on pourra baisser à 60 ou 61, avec 44 ou 43 ans de carrière. "Après une carrière de 44 ans à 60 ans, il faut vraiment que le travailleur ait envie et soit en état de continuer… Ou bien être vraiment dans le besoin", dit la CSC. En outre il faudra être occupé au minimum à 4/5 temps durant l’année qui précède.

Innaccessible rêve

La CSC et la FGTB estiment, en se basant sur les chiffres de 2014, que pour pouvoir bénéficier de la pension à mi-temps à l’âge de 60 ans, la carrière n’est pas suffisante pour 65% des travailleuses (43% pour les hommes). De même, 54% ne remplissent pas la condition de 42 ans de carrière pour pouvoir prendre la pension à mi-temps à 63 ans (34% d’hommes sont dans le même cas).

L’autre problème soulevé, c’est le risque de baisse du montant de la pension. Un risque qui ne pèse pas sur les épaules de ceux qui opteront pour le système du crédit-temps.

Pour les indépendants, la pension à mi-temps sera par contre tout bénéfice puisqu’ils n’ont pas de système d’aménagement de fin de carrière. La seule inconnue pèse sur le 2e pilier. "Qu’adviendra-t-il du capital si l’indépendant décide de poursuivre au-delà de l’âge de la pension en travaillant à mi-temps?", se demande l’UCM. Ne pas pouvoir le toucher pourrait être frustrant pour ceux qui resteraient actifs.

Le ministre Bacquelaine veut abaisser la cotisation de solidarité

Le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, a toujours l'intention de diminuer, à partir de 2019, la cotisation de solidarité - une retenue sur les pensions les plus élevées-, a confirmé son cabinet. Les partenaires sociaux expriment leurs doutes quant à ce projet. Cette cotisation de solidarité a été instaurée au début des années 90 par l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene. Il s'agissait alors d'un impôt de crise devant permettre à la Belgique de satisfaire aux critères de Maastricht préalables à l'adhésion à la zone euro.

Cette cotisation a déjà été supprimée pour les pensions les plus basses. Actuellement, la cotisation subsiste pour les isolés dont le montant total mensuel brut de la pension atteint 2.358,33 euros ou davantage. Le montant maximum de la cotisation (2%) pour les pensions à partir de 2.657,52 euros brut.  

Le dossier a fait l'objet de discussions lundi au sein du Comité de gestion du Service fédéral des Pensions. Un avis est attendu dans les prochains jours mais du côté des partenaires sociaux, tant les patrons que les syndicats, ont se posent "de sérieuses questions" par rapport aux intentions du ministre. "Est-ce une dépense à faire dans le contexte budgétaire actuel", s'interroge-t-on, alors que l'on évoque un coût de 84 millions d'euros.  

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés