Baisse du chômage, formation, télétravail, voici les priorités emploi

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Le marché du travail souffre, l'équipe De Croo veut relancer l'emploi en portant son attention au bien-être. Avec un tabou timidement mis sur la table: les salaires.

Après le choc et le chaos vient le temps de la reconstruction et la relance. Voilà une phrase de l'introduction de l'accord de gouvernement qui s'applique bien au marché du travail mis à mal par le coronavirus. Un chiffre pour l'illustrer, publié mardi justement par Statbel: l'indice de la masse salariale a dégringolé au 2e trimestre 2020: -12,5% dans l'industrie, -73% dans la restauration et l'hôtellerie, -24% dans la construction, -21,7% dans le commerce, -23,6% dans les services. Si la masse des salaires bruts versés dans les entreprises chute, c'est parce que le chômage temporaire, ou complet, est passé par là... La hausse de 10,3% du chômage indemnisé en août l'atteste aussi.

Dans son accord gouvernemental, l'équipe De Croo s'engage à surveiller l'impact socio-économique de la pandémie. Mais il ne baisse pas ses ambitions en matière de taux d'emploi: il s'agira d'atteindre les 80% d'ici 2030 (nous en sommes à 70,4%).

Partenaires sociaux et Régions inclus

Voilà pour les ambitions. Et les moyens? Le Fédéral entend d'abord renforcer la coopération avec les Régions, dans le respect des compétences de chacun, en misant sur les politiques locales, en matière de fiscalité sur les heures supplémentaires par exemple ou d'introduction de "territoires zéro chômeur de longue durée".

Côté collaboration, la nouvelle équipe s'engage à laisser le temps "raisonnable" aux partenaires sociaux de conclure leurs accords. Et de... valoriser ces accords. En échange, elle leur demande de "respecter le cadre budgétaire". Une promesse orientée vers le prochain accord interprofessionnel (AIP) qui doit se conclure fin de l'année entre patrons et syndicats.

Un autre volet sensible portera sur les salaires. L'accord ne dit pas un mot de l'indexation ou la loi de '96 sur la compétitivité, mais l'équipe De Croo compte demander aux syndicats et patrons de discuter d'un "package rémunération" en prenant pour base le rapport du Conseil central de l'économie, qui doit être bientôt publié, sur le lien entre rémunération et ancienneté. Un dossier potentiellement explosif donc...

Formation et réorientation des travailleurs

Un autre axe de la politique du nouveau gouvernement portera sur la formation des travailleurs et leur réorientation (le cas échéant) vers des métiers en pénurie. Ici aussi, il ne s'agit pas d'empiéter sur les compétences régionales. Le Fédéral encouragera donc la mobilité, mettra en place un "compte formation" pour que chacun reçoive au moins 5 jours de formation par an, et stimulera dans ce sens les entreprises via la fiscalité.

Il y a la formation et la réorientation des travailleurs, il manque le troisième pilier: la réintégration. Le gouvernement entend ramener au maximum vers l'emploi les travailleurs en incapacité, en misant aussi sur la prévention. L'accord évoque ainsi des "conditions de travail plus faisables".

Ce qui nous amène à l'organisation du travail, et la conciliation vie privée/vie professionnelle. La pandémie a laissé des traces sur l'organisation des entreprises, et le gouvernement entend en tirer les leçons. Pour favoriser le bien-être des travailleurs, le gouvernement pointe ainsi les avantages du télétravail et d'autres formes de flexibilité. "Il s'agira d'établir un cadre interprofessionnel permettant plus de flexibilité", dit l'accord de gouvernement.

Le gouvernement compte aussi plancher sur la réglementation du travail de nuit, lutter contre l'utilisation abusive des contrats journaliers, ou encore prolonger l'exonération de cotisations patronales pour l'embauche d'un premier travailleur.

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