Bart De Wever coche mai pour décider de nouvelles élections

Bart De Wever lors des voeux de la N-VA, le 11 janvier dernier. ©BELGA

Bart De Wever voit dans le mois de mai une "date symbolique" pour faire le point sur la négociation fédérale. S'il n'y a pas d'accord d'ici là, "l'appel à de nouvelles élections est peut-être inévitable", estime le président de la N-VA.

Le 26 mai prochain, cela fera un an que les Belges ont voté pour l'échelon fédéral. On le sait, huit mois après le scrutin, on a peu avancé dans la confection d'un nouveau gouvernement de plein exercice. Cela fait plus d'un an que le gouvernement est en affaires courantes. Et les discussions menées depuis l'été par les différents partis sous la houlette des multiples informateurs n'ont toujours pas permis de dégager une majorité. 

Le scénario d'un retour aux urnes est de plus en plus ouvertement envisagé. Joachim Coens, alors informateur, l'évoquait par exemple devant les médias mardi dernier à sa sortie du Palais. Entretemps, Koen Geens a été chargé d'une mission par le Roi. Une mission sans titre précis, pour "prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice", dixit le communiqué royal. Avec pour plan A de tenter de rapprocher PS et N-VA.

 

Un deadline fonctionne contre vous si vous en fixez un.
Bart De Wever
président de la N-VA

Bart De Wever ne s'était pas encore exprimé depuis la nomination surprise de Koen Geens vendredi. Ce lundi, en marge de l'inauguration des nouveaux studios de la chaîne de télévision privée flamande VTM dédiés à l'information à Anvers, le président de la N-VA a avancé le mois de mai comme "deadline" pour la convocation d'élections anticipées. Il y voit "une date symbolique". Si la formation d'un exécutif n'aboutit pas d'ici là, "alors l'appel à de nouvelles élections est peut-être inévitable", a-t-il déclaré. 

"Le Palais prend un risque"

"Un deadline fonctionne contre vous si vous en fixez un", a expliqué le président des nationalistes flamands, tout en fixant toutefois un, mais pas trop explicitement. "En mai, nous serons un an après les élections. S'il n'y a toujours pas de perspective de (former un) gouvernement, vous deviendrez progressivement totalement incapable de faire quoi que ce soit. Il pourrait alors devenir inévitable qu'un appel à de nouvelles élections retentisse plus fortement", a-t-il expliqué. "Mai me semble une date date symbolique pour conclure que quelque chose est en vue. Ou alors il ne se produira probablement rien", a-t-il conclu.

Koen Geens. ©Photo News

Bart De Wever a également indiqué avoir déjà rencontré M. Geens. "Il a commencé le travail immédiatement", a expliqué le dirigeant nationaliste. "On m'a assuré que le plan A est de constituer une coalition 'violet-jaune' (socialistes, libéraux, N-VA, CD&V). Nous verrons si cela peut se réaliser", a-t-il dit.

Beaucoup pensaient voir M. De Wever entrer en piste seul ou en duo. Il était d'ailleurs prêt à rejoindre le Palais de Bruxelles vendredi soir. Comment perçoit-il la désignation de Koen Geens? Il l'estime "contraire à la tradition selon laquelle le Palais cherche d'abord un grand consensus". Pour lui, "le Palais prend un risque", mais il l'assure: "la page est tournée et nous allons collaborer avec M. Geens".

"Panta rhei"

Le président du premier parti flamand conçoit-il toujours la possibilité d'un accord avec le PS, premier parti francophone, alors que celui-ci a jugé que ce n'était pas possible? "Panta rhei", a lancé M. De Wever un peu plus tard après le Bureau de son parti, empruntant la célèbre maxime grecque. "Tout passe, cela veut dire qu'un accord est théoriquement possible. Ce n'est pas impensable. Il y a peut-être des possibilités de convergence mais ce sont peut-être des points de rupture pour d'autres".

Sans les nommer, le président de la N-VA a visé les dossiers institutionnels à propos desquels le MR a opposé un refus net. Le confédéralisme demeure à ses yeux la solution la plus adaptée mais il implique de trouver une majorité des deux tiers et une majorité dans chaque groupe linguistique. "Nous ne les avons pas. Donc, d'un point de vue théorique, le confédéralisme est justifié mais il n'est pas opérationnalisable", a-t-il ajouté, répétant qu'il voulait une "évolution" et non une "révolution".

"Je ne veux pas de prendre de risque inconsidéré à l'égard de la prospérité"

 

 


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