Bellot veut des bus électriques sur les anciennes voies ferrées

©REUTERS

Il existe d’anciennes dessertes ferroviaires non utilisées. Y mettre des bus électriques autonomes plutôt que des trains est une idée qui fait son chemin. De quoi relier des zones rurales très mal desservies de nos jours.

Remplacer certaines portions de ligne ferroviaire par des bus électriques, c’est une idée qui commence à faire son petit bout de chemin. Il y a deux mois, en commission Infrastructures de la Chambre, Luc Lallemand l’a mentionnée. Le job du CEO d’Infrabel, c’est de remplir "la mission qui lui est confiée" par le pouvoir politique. Mais à titre privé, il pense que remplacer certains petits bouts de ligne peu utilisés par des navettes électriques aurait tout son sens.

Le patron sait de quoi il parle et connaît très bien les dossiers ferroviaires. Qu’un homme du rail dise que des bus électriques peuvent être la solution sur certaines lignes est assez significatif pour être souligné.

Un train est un moyen de transport pour les masses. Quand il s’agit de grosses lignes avec beaucoup de monde à bord, il n’a pas son pareil que ce soit en termes écologique ou économique. Faire rouler de l’acier sur l’acier a bien plus de sens pour transporter les masses que des roues sur du tarmac. "C’est 6 fois moins de consommation d’énergie", nous rappelait récemment le CEO de Lineas, l’ancien SNCB cargo.

Sur les anciennes dessertes

Mais quand un train de passagers roule avec très peu de passagers à bord, il coûte beaucoup d’argent. D’un point de vue écologique, cela a beaucoup moins de sens de le faire rouler. Une étude de la SNCB a ainsi établi il y a quelques années qu’un train qui roule avec moins de 40 passagers à bord émet plus de CO2 qu’un bus.

40 passagers
S’il y a moins de 40 passagers dans un train, il est alors plus écologique de transporter ces personnes dans un bus. "Sur les anciennes voies, c’est une potentialité à moindre coût pour relier les villages et les gares", explique-t-on au cabinet de François Bellot.

Dans l’optique d’une mission de service public, ce train reste néanmoins indispensable, sauf si on le remplace par une alternative. Supprimer des voies pourrait donc être tentant sur des tronçons peu utilisés. On pourrait par exemple penser à la ligne Charleroi-Couvin, une ligne peu fréquentée et non électrifiée qui a été plusieurs fois remise en cause dans le passé. Mais ce ne sera pas avant 2031, "car l’article 3 de l’accord de coopération entre les Régions du RER prévoit qu’aucune ligne de trains ne sera supprimée d’ici-là", nous revient-il du cabinet de François Bellot.

Chez le ministre de la Mobilité, on pense donc à réhabiliter avec des bus électriques des lignes qui ont déjà disparu, particulièrement en zone rurale. "Vous avez des anciennes lignes SNCB et heureusement la SNCB a gardé le foncier", nous disait récemment François Bellot lors d’un entretien croisé avec le patron des patrons, Pieter Timmermans. "Le train est un moyen de transport pour déplacer des gens en masse. Je suis partisan de grandes lignes pour la ponctualité. Mais pour les petites lignes, des bus électriques pourraient faire l’affaire", pointait ce dernier. Sur du tarmac privé, on peut imaginer de rouler à une vitesse correcte. "C’est écologique. Il y a plus de fréquence possible pour ces bus électriques et on peut imaginer des services de bus à la demande voire de taxis électriques qui emprunteraient ces lignes", ajoutait l’administrateur délégué de la FEB.

"Il n’y a pas encore de projet à l’étude. C’est une idée qui est apparue au fur et à mesure des discussions, surtout en zone rurale, où il est peu probable de remettre des voies là où c’est possible. C’est une idée pour un prochain gouvernement", nous explique-t-on au cabinet Bellot.

Évidemment, en Belgique rien n’est simple. Si la solution prouve dans le futur qu’elle peut avoir un sens écologique et économique, il faudra encore convaincre les différents niveaux de pouvoir de son utilité et qu’ils se mettent d’accord sur les modalités d’application. Ce genre de ligne de bus se prêterait en tout cas quasi directement à la conduite autonome dans le sens où celle-ci est déjà possible techniquement sur ce type de trajet prédéfini et en boucle fermée.

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