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Un arrêt "crucial" pour le droit de grève attendu le 19 octobre

Le président de la FGTB, Thierry Bodson, se dit prêt à saisir la justice européenne si la cour d'appel venait à confirmer sa condamnation. ©BELGAIMAGE

Dix-sept affiliés et dirigeants de la FGTB espèrent faire casser en appel leur condamnation à des peines de prison avec sursis pour entrave méchante à la circulation lors d'une grève. Verdict attendu le 19 octobre.

Dix-sept membres de la FGTB, dont son actuel président Thierry Bodson, comparaissaient ce mardi devant la cour d'appel de Liège. Leur espoir? Faire casser un jugement du tribunal correctionnel les condamnant à de la prison avec sursis pour entrave méchante à la circulation lors d'une grève en 2015.

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Membres de la FGTB
Dix-sept affiliés et dirigeants du syndicat socialiste ont été condamnés en première instance à de la prison avec sursis pour entrave méchante à la circulation.

Pour bien comprendre cette affaire, revenons six ans en arrière. À l'époque, le gouvernement Michel, que d'aucuns qualifiaient encore de "kamikaze", est confronté à une opposition nourrie des syndicats. Ces derniers lui reprochent, entre autres, le saut d'index et le projet de réforme des pensions. Aux paroles, ils joignent les actes en organisant plusieurs actions de grève.

Lors de l'une d'elles, le 19 octobre 2015, quelque 300 manifestants bloquent le viaduc de Cheratte sur l'autoroute E40. Durant l'action, Thierry Bodson, alors président de la FGTB wallonne, se rend sur les lieux. Par la suite, l'épisode suscita pas mal d'émoi puisque des dégradations avaient été commises sur le viaduc et que des médecins en intervention s'étaient retrouvés bloqués dans les embouteillages.

Une seule prévention

Trois ans plus tard, la chambre du conseil renvoyait finalement 17 personnes devant le tribunal correctionnel, mais pour une seule prévention: "entrave méchante à la circulation". Pour les faits de dégradation et ceux liés au décès de la patiente d'un médecin bloqué dans la circulation, les prévenus avaient par contre bénéficié d'un non-lieu.

"En première ligne se trouvaient des personnes n'ayant rien à voir avec l'organisation syndicale."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

En novembre dernier, le tribunal liégeois a condamné les syndicalistes à des peines allant de 15 jours à 1 mois de prison, avec sursis, et des amendes de 300 à 600 euros. "Un jugement politique, lourd de conséquences pour le droit de grève", avait dénoncé la FGTB.

Devant la cour d'appel de Liège ce mardi, les syndicalistes ont de nouveau contesté les faits, affirmant avoir rejoint un barrage déjà installé préalablement et arguant que le mouvement avait été parasité par des casseurs extérieurs au syndicat. Le parquet général ne l'entend pas de cette oreille vu qu'il estime que la présence de casseurs n'a pas été démontrée et qu'il s'agissait bien d'un dérapage des manifestants. Il a donc requis la confirmation des peines.

L'arrêt sera rendu le 19 octobre. Bodson a prévenu qu'il porterait l'affaire devant la justice européenne si le jugement venait à être confirmé. "C'est vraiment une question de fond. Si la décision du tribunal n'est pas cassée en appel, cela constituerait une nouvelle entaille pour le droit de manifester", nous expliquait-il récemment.

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