Blocage fatal pour les négociations salariales?

Le président de la FGTB, Thierry Bodson, charge le banc patronal. ©Tim Dirven

Dans les conditions actuelles, la FGTB juge les négociations interprofessionnelles vouées à l'échec. Ce nouveau blocage sera-t-il fatal?

Les chances de voir les négociations de l'accord interprofessionnel (AIP 2021-2022) aboutir s'amenuisent. Quelques jours avant la date butoir du 1er mai, la FGTB vient d'acter un nouveau blocage. Réuni en soirée, le bureau fédéral du syndicat socialiste a estimé qu'il n'était pas possible de parvenir à un compromis avec le banc patronal dans les conditions actuelles.

Divergences profondes

C'est une réunion du Groupe des Dix (G10), plus tôt dans la journée, qui a mis le feu aux poudres. Contacté par nos soins, le président de la FGTB, Thierry Bodson, charge les représentants des employeurs. À l'entendre, ces derniers ont posé des conditions trop strictes pour identifier les entreprises où des hausses salariales supérieures à la norme de 0,4% pourraient être exceptionnellement accordées.

"Pour définir les entreprises en bonne santé, le banc patronal a surtout avancé le critère d'une hausse de 20 à 30% du chiffre d'affaires, c'est assez irréaliste."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

"Pour définir quelles sont ces entreprises en bonne santé, le banc patronal a surtout avancé le critère d'une hausse de 20 à 30% du chiffre d'affaires, c'est assez irréaliste", fustige Thierry Bodson. "Les employeurs parlaient de surcroît d'accorder seulement des primes uniques d'environ 300 euros, un ordre de grandeur bien trop faible à nos yeux."

Au-delà du désaccord sur la question salariale, le président du syndicat socialiste affirme que les patrons se sont montrés fermés à "toute augmentation du salaire minimum pour 2021 et 2022", mais aussi à inclure des points relatifs aux fins de carrière dans un éventuel AIP. Intolérable pour la FGTB, où l'on s'interroge sur l'opportunité de poursuivre des pourparlers.

Du côté de la CGSLB et de la CSC, ou les instances se rassemblent mardi, aucune décision n'a été prise. "En fonction de leurs analyses de la situation, nous déciderons ensemble de nous rendre ou pas à une éventuelle prochaine réunion avec le banc patronal", précise Thierry Bodson.

Rupture de confiance

"Les syndicats ne veulent plus s'inscrire dans le cadre de la note de base du ministre Dermagne."
Une source patronale

Chez les employeurs, on porte un regard bien différent sur ces derniers développements. Si personne ne souhaite s'exprimer publiquement, on nous confirme une "rupture de confiance". Selon l'un de nos interlocuteurs, les syndicats ne voudraient tout simplement "plus s'inscrire dans le cadre de la note de base" soumise au G10 par le ministre Pierre-Yves Dermagne (PS). "Avant de continuer à discuter, ils ont exigé un assouplissement de la prépension comme préalable à une poursuite des discussions, ce qui ne nous convient pas", précise cette source.

Sans initiative gouvernementale, ce nouveau blocage pourrait bien signifier la fin définitive des négociations entre les deux bancs.

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