Un mois de prison avec sursis pour Thierry Bodson et d'autres syndicalistes

Environ 300 personnes avaient bloqué le viaduc de Cheratte lors d'une grève générale en 2015. ©BELGA

Des affiliés de la FGTB, dont son actuel président Thierry Bodson, viennent d'être condamnés à de la prison avec sursis pour des faits d'entrave méchante à la circulation lors d'une grève.

Cétait le 19 octobre 2015... Lors d'une grève générale, quelque 300 manifestants avaient bloqué un viaduc à Cheratte sur l'autoroute E40. Ce lundi, dix-sept membres de la FGTB, présents sur les lieux, ont été condamnés pour entrave méchante à la circulation.

Parmi eux, six dirigeants du syndicat, dont son président actuel Thierry Bodson, écopent de peines d'un mois de prison avec sursis ainsi que d'amendes de 600 euros, avec sursis également. Les onze autres manifestants s'en sortent, quant à eux, avec des peines de 15 jours de prison avec sursis.

A l'époque, l'épisode de Cheratte avait provoqué beaucoup d'émoi. Ce blocage avait, en effet, eu des répercussions importantes puisque des dégradations avaient été commises sur le viaduc mais aussi que des médecins en intervention s'étaient retrouvés bloqués dans les embouteillages.

Dix-neuf personnes avaient initialement été inculpées et la plupart renvoyées devant le tribunal correctionnel pour répondre d'entrave méchante à la circulation. Les faits de dégradations et ceux liés aux décès de patients de médecins bloqués dans la circulation n'étaient, eux, pas soumis à l'analyse du tribunal.

"Condamnation syndicale"

Ce lundi, la justice liégeoise a finalement condamné les dix-sept prévenus pour "entrave méchante à la circulation par leur présence sur les lieux".

Les syndicalistes, représentés par Me Xavier Mercier, feront appel de cette décision. "Il est difficile de ne pas y voir un jugement politique. C'est vraiment de la justice de classe. Le fait de prononcer quasi la même condamnation pour les dix-sept prévenus, alors que les dossiers sont fondamentalement différents, démontre que c'est une condamnation syndicale, pas celle de l'un ou de l'autre", a déploré Thierry Bodson. "Cette condamnation est totalement inattendue. Au vu de ce qu'elle implique pour le droit de grève, il est logique juridiquement, mais aussi politiquement, que nous faisions appel", a-t-il insisté.

Malgré le jugement du tribunal, Thierry Bodson, conserve le soutien de toutes les instances du syndicat, a-t-il assuré.

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