analyse

Bouchez: "L'institutionnel ne peut être un préalable à la formation du gouvernement"

L'ex-informateur MR Georges-Louis Bouchez affirmait, lundi dans Le Soir, que toutes les formules pour marier PS et N-VA ont été essayées mais refusées. ©Photo News

Y a-t-il déjà un terrain d'entente entre le PS et la N-VA sur les pensions et la scission de la justice et de la police? Koen Geens va en tout cas devoir tester la force de ces propositions.

C'est donc parti pour une nouvelle semaine de discussions "en vue de former un gouvernement fédéral". On ne peut même plus nommer la phase initiée par la désignation vendredi de Koen Geens (CD&V) par le Palais royal, vu que le chrétien-démocrate n'a pas de titre. Petite photographie de la situation.

Vivaldi ou PS/N-VA?

C'est la question qui continue à se poser. Koen Geens a annoncé débuter sa mission par une nouvelle tentative de rapprochement entre le PS et la N-VA. On le sait, le PS ne voit aucun compromis possible avec les nationalistes. Cette impossibilité n'est pas bien comprise en Flandre. Nous y reviendrons. 

En attendant, beaucoup de signaux vont plutôt dans le sens d'une coalition Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Côté flamand, on relèvera l'ambiguïté du CD&V. "La coalition Vivaldi, pour nous, est une chose qui n'existe pas pour l'instant", a dit Joachim Coens, président du CD&V. Ce "pour l'instant" est une porte ouverte, mais son parti continue de demander une majorité en Flandre, ce qui demande d'associer la N-VA. 

Au PS? "On a essayé toutes les formules possibles pour pouvoir les marier. Ils ne le souhaitent pas", a dit l'ex-informateur MR Georges-Louis Bouchez dans Le Soir. Dans L'Echo, ce samedi, Egbert Lachaert, chef de groupe Open Vld, proche d'Alexander De Croo et candidat à la présidence du parti, semble envisager des négociations avec le PS

L'institutionnel, le retour

Au nord du pays, l'idée d'un accord PS/N-VA vit pourtant encore. "Il y aurait notamment une ouverture à une politique plus sociale de la N-VA, et des avancées communautaires", explique Dave Sinardet, politologue à l'UAntwerp et à la VUB.

Sachant que les conditions ne sont pas réunies pour réaliser une véritable réforme de l'État, comment de tels changements pourraient-ils être adoptés? "Dans le cadre de lois fédérales, en créant des politiques différenciées, on régionaliserait de fait", précise Sinardet, qui rappelle que c'était là une des pistes de Johan Vande Lanotte lors de sa mission d'information avec Didier Reynders. "Cette proposition allait très loin, envisageant notamment des sous-régions."

Crucke ne change pas la ligne

Il y aurait notamment une ouverture à une politique plus sociale de la N-VA, et des avancées communautaires.
Dave Sinardet
Politologue (UAntwerp et VUB)

Où en sont ces "rapprochements"? Il semble que ce soit bien la mission de Koen Geens de les approfondir. Lors de la mission d'informateur de Paul Magnette, cette piste était tombée à l'eau. Un pareil deal n'est pas pour plaire au MR, selon Sinardet: "Une telle coalition serait même plus à gauche qu'une Vivaldi. Pour le communautaire, ça ne les intéresse pas. N'oublions pas que la régionalisation renforce l''État PS'. En plus, les libéraux francophones devraient laisser tomber leurs homologues néerlandophones..." 

Dans ce contexte, les déclarations de Jean-Luc Crucke, ministre wallon et vice-président du MR, ont pu jeter le trouble lundi. "Qu'une rénovation de l'État doive avoir lieu, tout le monde le sait, aussi au MR", a-t-il lancé à la VRT. Il dit que son parti n'est fermé ni à de nouvelles régionalisations, ni à une refédéralisation de certaines compétences.

Cette sortie "ne change en rien la position du MR", assure-t-on du côté de la présidence. Les libéraux ne veulent pas que les questions institutionnelles deviennent "un préalable à la formation du gouvernement", assure Georges-Louis Bouchez. Ce qui n'empêche nullement à ses yeux que le Parlement se penche sur ces questions.  

Au MR, "nous sommes prêts à parler de tout"

Au sein même du MR, on n'est pas tous sur une même ligne. Il y a une dizaine de jours, on a lu la vision unitariste du président du parti, Georges-Louis Bouchez. Mais d'autres, tels que Jean-Luc Crucke ou Pierre-Yves Jeholet, sont des régionalistes convaincus et ne seraient pas contre une évolution. "Qu'une rénovation de l'État doive avoir lieu, tout le monde le sait, aussi au MR", a ainsi affirmé le ministre wallon du Budget et des Finances sur les ondes de la VRT. Crucke a indiqué que les discussions pourraient porter sur "davantage et de meilleures compétences pour les Régions", mais aussi sur la refédéralisation de certaines compétences. 

"Nous sommes prêts à parler de tout, mais il faut voir cela en son temps. Nous n'avons jamais refusé (de telles discussions), mais ce n'est actuellement pas urgent."

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