Bras de fer pour le poste de Premier ministre

Paul Magnette et Alexander De Croo. Il y a deux formateurs mais il n'y aura qu'un Premier ministre. ©BELGA

Qui succédera à Sophie Wilmès au poste ultravisible de Premier ministre ? Paul Magnette, Alexander De Croo ou alors… la surprise des chefs.

Qui prendra la succession de Sophie Wilmès au 16, rue de la Loi ? C’est une question importante mais on n’y répondra pas tout de suite. Sous la houlette des formateurs Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open Vld), les partis impliqués dans la formation d’une coalition fédérale (PS-sp.a, MR-Open Vld, Ecolo-Groen, CD&V) ont en effet convenu de faire du casting gouvernemental le dernier chapitre de leurs négociations. D’abord on fixe le quoi, ensuite le qui fait quoi.

Les deux formateurs partent favoris mais cela fait un candidat de trop. Et encore, le problème est plus large : le MR n’a pas envie de voir Paul Magnette prendre le job, le PS ne veut pas prolonger Sophie Wilmès, le CD&V fera tout pour éviter un Open Vld,… Le dernier chapitre ne sera pas le plus simple.

Avec sept partis embarqués dans l’histoire, avec une telle diversité de sensibilités, il ne sera pas facile de faire souvent ressortir sa couleur politique propre, au-delà du « trophée » que chacun s’efforce d’isoler dans l’accord en négociation. C’est ce qui rend l’attribution du poste de Premier ministre aussi sensible.

Le « Seize » au moins, c’est la garantie d’une forte visibilité. Quoi que vous fassiez, les caméras sont là.

Le « Seize » au moins, c’est la garantie d’une forte visibilité. Le Premier (la Première) est devant les autres, c’est lui (elle) qui parle. Plus besoin de chasser la notoriété, elle vient naturellement à vous. Quoi que vous fassiez, les caméras sont là.

Alors, Paul Magnette ou Alexander De Croo ? Choisir le socialiste francophone a du sens. Il est le patron du plus grand parti parmi les sept (19 sièges à la Chambre, sur les 87 de cette majorité Vivaldi) et la famille socialiste est la plus importante autour de la table (28 sièges avec ceux du sp.a) et à la Chambre.

Choisir le libéral flamand se justifie aussi. Les partis du Nord étant minoritaires dans la configuration envisagée (41 sièges), leur attribuer le premier rôle permettrait de rééquilibrer la donne. Il n’est d’ailleurs pas simple d’imaginer qu’un parti comme le CD&V, après avoir mis une éternité à envisager un gouvernement sans la N-VA, monte ensuite en minorité dans un gouvernement présidé par un socialiste wallon. Pas franchement digeste, a fortiori après neuf années de Premiers ministres francophones (Elio Di Rupo, Charles Michel, Sophie Wilmès).

Bref, chacun a ses arguments. Le problème, c’est qu’il n’en faut qu’un à l’arrivée et que chacun symbolise pour l’autre une ligne politique ennemie. Si rien ne les départage dans les jours à venir, il n’est pas exclu que leur opposition finisse par profiter à un autre protagoniste. Ce serait alors la surprise des chefs.

Les négociations se poursuivent vendredi matin

On a par ailleurs appris ce jeudi soir que les négociations menées par les co-formateurs se poursuivront demain/vendredi à 10h00. Au menu: la relance, les soins de santé, les réformes institutionnelles et politiques, les pensions et la défense, a-t-on appris jeudi soir de l'entourage des négociateurs fédéraux.

Ce jeudi, les discussions - qui se sont déroulées dans une atmosphère "constructive", indique-t-on - ont notamment tourné autour des thèmes de l'énergie, du climat, de la mobilité et de l'entrepreneuriat.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés