Casse-tête politique en vue sur la norme salariale

Le Premier ministre Alexander De Croo s'est lancé à la recherche d'un accord "équilibré et soutenable" sur la norme salariale. ©Photo News

Parvenir à un accord sur la question salariale au sein du gouvernement s'annonce ardu. Le MR refuse de "refaire le match" joué par les partenaires sociaux.

L'échec des négociations entre partenaires sociaux sur la norme salariale étant acté, c'est désormais au gouvernement d'entrer en piste. Un kern, ce lundi soir, doit permettre de défricher le terrain en abordant des questions de procédure.

"L'idée est de ne surtout pas laisser pourrir une situation dont les victimes seraient autant les travailleurs que les employeurs."
Une source gouvernementale

Pour le fond, il faudra encore attendre. Longtemps? Probablement pas... "L'idée est de prendre les choses en main et surtout de ne pas laisser pourrir une situation dont les victimes seraient autant les travailleurs que les employeurs", nous glisse une source gouvernementale.

Echanges musclés en perspective

Afin d'aboutir à un accord "équilibré et soutenable", tel que souhaité par Alexander De Croo, la Vivaldi repartira visiblement de la note de base qu'elle avait adressée à la mi-avril aux partenaires sociaux. Celle-ci prévoyait de fixer le plafond d'augmentation des salaires, en sus de l'indexation, à 0,4% pour les deux prochaines années, mais aussi de sortir de son calcul une série de mesures prises pendant la pandémie.

Si ces deux points ne devraient pas susciter de remous, la possibilité d'octroyer des augmentations supérieures à la norme dans les entreprises en bonne santé risque par contre de conduire à des échanges musclés. Pour rappel, c'est sur cet aspect que patrons et syndicats ont trébuché.

"Je voudrais qu'on m'explique pourquoi on devrait sortir du cadre de l'accord que nous avions en gouvernement"
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Les partis de l'exécutif sont-ils prêts à rouvrir le débat? Au MR, ce n'est visiblement pas le cas. "Je voudrais qu'on m'explique pourquoi on devrait sortir du cadre de l'accord que nous avions en gouvernement. Le PS avait pris un engagement", lance le président des libéraux, Georges-Louis Bouchez. Pour lui, il n'est clairement pas question de "refaire un match" qui a déjà été joué par les patrons et les syndicats. "Pendant longtemps, on nous a dit que c'était à cause de Charles Michel qu'il n'y avait plus de concertation sociale. Aujourd'hui, je vois que ça ne va manifestement pas mieux. À un moment, il faut veiller au signal que l'on envoie, le gouvernement ne doit pas être la cour d'appel de la concertation sociale", poursuit-il.

Le PS veut s'attaquer aux dividendes

Cela fait peu de doute, libéraux et socialistes croiseront le fer. Les premiers cités devraient obtenir le soutien du CD&V, tandis que les seconds pourront vraisemblablement compter sur un appui des Verts.

Ces derniers jours, les socialistes se sont montrés particulièrement virulents. Premier à tirer, le président de Vooruit, Conner Rousseau, a prévenu que sans augmentation dans les secteurs-clés, il n'y aurait pas de marge pour les versements de dividendes. Une ligne partagée par le PS, qui menace aussi de s'attaquer aux salaires des patrons. "Ineptie", rétorque-t-on au MR.

Et les partenaires sociaux?

Malgré leur échec sur la norme salariale, patrons et syndicats reprendront langue ce mercredi afin d'organiser leurs travaux des prochains mois. Au menu: salaire minimum, fiscalité des heures supplémentaires ou encore régime de fins de carrière.

Avant même cette réunion d'agenda, le président de l'Unizo Danny Van Assche a cependant prévenu: "Nous ne négocierons pas tant que le gouvernement n'aura pas fixé la norme salariale". Vu les premiers échos en provenance de la Vivaldi, les véritables discussions entre patrons et syndicats risquent de ne pas débuter tout de suite.

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