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Ce qui compte, c’est le plan, pas les chiffres

Editorialiste

Après l’accord financier belgo-belge sur le plan de relance.

"Essayons de ne pas passer 80% du temps à nous chamailler sur qui prend quelle part du gâteau." Qui a prononcé cette phrase dans L’Echo, en fin d’année dernière? Un certain Thomas Dermine, secrétaire d’État pour la Relance (PS) au gouvernement fédéral.

Avec le Premier ministre Alexander De Croo, il a annoncé un accord sur la répartition des 5,9 milliards d’euros prévus par la Commission européenne pour le plan de relance belge. Les chefs de gouvernements fédéral et fédérés l’ont négociée entre eux et sont tombés d’accord sur qui prend quelle part du gâteau.

À peine les chiffres étaient-ils connus que les premières critiques tombaient. Elles portent en particulier sur les moyens dévolus à la Région bruxelloise, qui n’aurait droit qu’à "des miettes" selon le MR bruxellois. On n’est pas beaucoup plus enthousiaste côté écologiste, où l’on demande des explications.

La pertinence des projets retenus, la qualité de leur mise en œuvre, la cohérence du tout: voilà ce qui prime dans un plan de relance.

Ces critiques ne sont pas banales dans la mesure où les râleurs sont au pouvoir. Les Verts francophones sont partout au pouvoir. Les libéraux sont partout au pouvoir, sauf… à Bruxelles. N’ont-ils pas eu l’occasion de se faire entendre dans le concert fédéral ?

Plus fondamentalement, ces critiques d’après-coup sont-elles à la hauteur des enjeux? Poser la question, c’est y répondre. L’essentiel est ailleurs, loin de ces chamailleries qui tiennent surtout de l’esprit de clocher.

D’abord, Bruxelles bénéficiera d’autres enveloppes, au-delà de la sienne. D’autres entités vont forcément travailler avec elle sur certains projets, ne fût-ce qu’en matière de mobilité. Comment le Fédéral pourrait-il totalement nier Bruxelles? Comment même la Flandre éviterait-elle tout lien avec sa… capitale? On ne parle même pas de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Surtout, ne perdons pas trop de temps à chercher les perdants et les gagnants de ce partage belgo-belge. Ce qui compte, ce qui prime, c’est ce que les différentes composantes de la Belgique fédérale entendent faire de ces moyens aujourd’hui répartis.

"En Belgique, on se concentre trop souvent sur les montants et pas assez sur les projets", nous disait encore Thomas Dermine. Que Bruxelles ou Namur aient droit, selon certains, à 25 millions en plus ou en moins, fondamentalement c’est négligeable. La pertinence des projets retenus, la qualité de leur mise en œuvre, la cohérence du tout: voilà ce qui compte dans un plan de relance. Les mots le disent. Avec un plan de relance, on regarde vers futur, pas vers le passé.

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