"Ce sera la fin de notre modèle de Sécu"

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Un groupe composé des syndicats, de mutuelles et de mouvements sociaux critique le nouveau mécanisme de financement de la sécurité sociale tel que prévu par le gouvernement.

Tous les syndicats ainsi que plusieurs mutuelles et mouvements sociaux d'envergure nationale se sont unis pour dénoncer, dans une carte blanche publiée par De Standaard, la réforme du financement de la Sécurité sociale voulue par le gouvernement fédéral. Selon les signataires, cette "réforme porte des coups sévères à l'essence même du modèle de Sécurité sociale".

Qui? La FGTB, la CSC, le syndicat libéral, les Mutualités chrétiennes, Solidaris, les Mouvements ouvriers chrétiens flamand et francophone ainsi que Présence et action culturelle s'en prennent à un accord politique conclu au gouvernement fédéral le 16 décembre dernier.

Quels sont les reproches? Leur principal grief concerne le nouveau mécanisme de financement. Actuellement, le déficit de la Sécurité sociale est systématiquement comblé par la dotation d'équilibre. Mais selon les organisations signataires, le gouvernement entend prévoir des exceptions à l'automaticité du renflouement.

"Si les mesures d'économies budgétaires prises par le gouvernement dans le domaine de la Sécurité sociale ne rapportent pas assez, il est prévu que la dotation d'équilibre soit rabotée", explique le président de Solidaris, Michel Jadot, cité par Le Soir qui se fait l'écho de la carte blanche.

Les signataires dénoncent également une disposition qui permettra de revenir sur des accords signés par les partenaires sociaux, et leur mise à l'écart de la gestion de la Sécurité sociale.

"Le gouvernement prévoit désormais de créer un comité budgétaire, avec des fonctionnaires des Finances et du budget, et aucun représentant des syndicats et des mutuelles", déplore Michel Jadot.

"Sans changement de cap, que nous appelons de tous nos vœux, ce sera la fin de notre modèle de sécurité sociale" (les signataires de la carte blanche)

→ Le projet de loi sera débattu au parlement au début du mois de janvier.

La réponse: "durable pour l'avenir"

Mais la ministre des Affaires sociales et de la Santé Publique, Maggie De Block, et son collègue des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Willy Borsus, ont défendu ce lundi la réforme du financement de la sécurité sociale qu'a approuvée le gouvernement mais que dénoncent la carte blanche.

Lors de la sixième réforme de l'Etat, un certain nombre de compétences ont été transférées aux entités fédérées, mais sans que les moyens financiers affectés à la sécurité sociale n'aient été adaptés. Un mécanisme provisoire a jusqu'à présent apporté une solution, ont indiqué Mme De Block (Open Vld) et M. Borsus (MR) dans un communiqué, expliquant avoir ainsi exécuté un point important de l'accord de gouvernement de l'équipe Michel.

Les deux ministres assurent avoir mis sur la table du gouvernement - qui l'a approuvé le 16 décembre dernier - un nouveau système de financement "simple, transparent et durable pour l'avenir". Selon eux, le gouvernement s'est inspiré des avis des partenaires sociaux pour mettre en place cette réforme. De Block et Borsus ajoutent que cette réforme du financement de la sécurité sociale "simplifie le financement alternatif" et "rend le système plus transparent".

"Le suivi ou le monitoring des dépenses est sensiblement amélioré afin de pouvoir intervenir rapidement et adéquatement en cas de problèmes. La clé de voûte est la dotation d'équilibre, qui assure l'équilibre", souligne leur communiqué.

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