Certificat médical limité? Incapacité de travail rapetissée

Les médecins doivent à présent estimer la durée de l'incapacité de travail. ©Photo News

Une étude des Mutualités libres semble le démontrer. Depuis que les certificats portent une date de fin, la durée des incapacités de travail recule. Tout bénéfice pour la Sécu. Mais aussi pour le patient.

Vous l'avez peut-être remarqué, si vous avez eu à subir une incapacité de travail depuis le 1er janvier 2016. Les médecins doivent désormais estimer la durée attendue de l'incapacité de travail. Concrètement, votre certificat est donc frappé d'une sorte de date de péremption. Objectif de la mesure? Réduire la durée des incapacités de travail, évidemment, et leur coût pour la Sécu.

Incapacité de travail ou invalidité?

En cas d'accident ou de maladie empêchant l'exercice de son activité professionnelle, un travailleur salarié valse en incapacité de travail. Durant le premier mois, sa rémunération reste à charge de son employeur.

Si l'incapacité se prolonge, un revenu de remplacement peut être octroyé par la sécurité sociale, via la mutualité.

Lorsque l'incapacité de travail se prolonge au-delà d'un an, on parle d'invalidité.

Avec quels résultats? C'est ce qu'ont cherché à savoir les Mutualités libres. Qui ont analysé les données de tous leurs membres en incapacité de travail en 2014 et 2015, afin de les comparer avec celles du cru 2016 - partiellement, faut-il préciser, puisque l'étude porte sur les huit premiers mois de 2016, et ne concerne que les incapacités comprises entre un mois et un an. Voici les principales conclusions.

Moins de jours d'incapacité

Tel est le premier effet: la durée des incapacités de travail est en baisse. Alors qu'en 2015, la durée médiane d'une incapacité était de 105 jours, cet indicateur a reculé de 9 jours entre janvier et août 2016.

Explosion des certificats

Plus spectaculaire. Le nombre de certificats médicaux a grimpé en flèche, bondissant de 7.000 par mois en 2014 et 2015 jusqu'à 17.000 par mois en 2016! Pour quelle raison? "Souvent, la durée finale de l'incapacité de travail semble sous-estimée, explique-t-on au sein des Mutualités libres. Ce qui nécessite une nouvelle visite du patient chez son médecin traitant pour une prolongation de la durée de repos."

En moyenne, la durée d'arrêt de travail prescrite à l'ouverture d'un dossier par un médecin généraliste est de 33 jours. Et monte à 40 jours chez un spécialiste. Soit nettement moins que la durée médiane d'une incapacité.

Bénéfice pour la Sécu?

La question peut légitimement se poser: ce nouveau certificat est-il bénéfique pour les comptes de la Sécu? D'un côté, la durée des incapacités se réduit. Mais de l'autre, le nombre de consultations et de certificats chauffe solidement.

On peut en déduire que la sécurité sociale réalise des économies depuis l'entrée en vigueur du nouveau certificat médical.
Karima Amrous
Porte-parole des Mutualités libres

Le bilan serait malgré tout positif, estiment les Mutualités libres. Même si, en moyenne, on dénombre une hausse de 2,5 consultations par dossier - avec un remboursement tournant entre 15 et 21 euros par visite chez le généraliste. "Or l'indemnité moyenne pour un jour d'incapacité de travail s'élève à 40 euros. Il est donc déjà question d'un bénéfice à partir d'une diminution de 2 jours de la durée des incapacités." Avec une chute estimée à 9 jours, le compte semble bon.

Meilleur suivi et retour plus rapide au travail

Le bilan est globalement positif pour les Mutualités libres - qui se livreront à une analyse plus approfondie sur le sujet lorsqu'il sera possible de prendre un peu plus de recul. Et pas que financièrement. "La mesure permet aux patients d'être suivis de manière plus rapprochée par leur médecin traitant via des visites plus régulières, ce qui semble influencer positivement la durée de l'incapacité et favorise le retour au travail, vecteur de réintégration sociale. Plusieurs études ont démontré que plus l'arrêt de travail est long, plus il est difficile de se réinsérer dans la vie professionnelle."

A l'heure actuelle, indiquent les Mutualités libres, la Belgique compte quelque 370.000 personnes en incapacité de travail de longue durée, c'est-à-dire comprise entre un mois et un an.

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