"Cessons de nous regarder le nombril", disent les patrons belges à Shangaï

Le Premier ministre sortant Yves Leterme a visité l'exposition universelle de Shangaï. Les patrons d'entreprises belges présents sur place ont apprécié mais réclament plus d'attention sur les exportations et l'image de la Belgique.

(Belga) - Des investisseurs belges présents à l'exposition universelle de Shanghaï appellent les responsables politiques belges et européens à soutenir l'accès au marché chinois. Ils sont d'avis que ce point doit constituer une priorité de la présidence belge de l'union européenne. Les entrepreneurs sont en première ligne pour faire des affaires mais ils comptent sur le politique pour "créer la confiance".

Une série d'investisseurs belges étaient réunis vendredi lors d'un meeting organisé en collaboration avec la chambre de commerce Chine-Benelux et auquel a participé le premier ministre Yves Leterme.

De part et d'autres, on a souligné l'intérêt de ce type d'événements. "Il faut profiter de la présidence belge de l'Union européenne pour donner un coup d'accélérateur à notre politique en Chine. Aujourd'hui, l'Europe n'est nulle part en Chine. Quant à la Belgique, l'histoire BHV, l'absence de gouvernement et les crises à répétition donnent un signal négatif. On doit se focaliser sur la promotion de nos exportations, or actuellement, l'Europe et la Belgique se regardent le nombril", indique Philippe Snel, représentant à Shanghaï de la société de consultance juridique De Wolf & Partners.

Pour le président de Bekaert Asie, Mark Goyens, la question qui se pose est de savoir "comment continuer à participer à la croissance chinoise dans les quinze prochaines années". Le leader des produits tréfilés emploie actuellement 9.000 personnes en Chine.

Pour les patrons connaisseurs de la Chine, il faut miser sur l'innovation. "La seule manière d'être compétitif est de constamment venir avec des nouveautés", assure M. Snel. Pour ce faire, il faut pouvoir appréhender le marché chinois dans toute sa complexité. "Tout change constamment et de plus en plus vite, les lois sur le travail, l'environnement...", explique Marc Goyens.

A cet égard, les chefs d'entreprises sont demandeurs d'un soutien des pouvoirs publics - consulat, agences régionales à l'exportation... - leur permettant de réagir très rapidement.

Le monde économique belge présent en Chine a salué la visite à Shanghaï du premier ministre Yves Leterme, venu jeudi et vendredi après qu'une mission officielle eut été annulée fin avril en raison de la chute du gouvernement.

Premier ministre sortant, M. Leterme a voulu montrer, lors d'une visite privée, qu'il n'y avait pas de vacance du pouvoir en dépit du climat préélectoral et de la limitation de l'action du gouvernement à la gestion des affaires courantes.

"Certains ont décidé qu'il fallait faire chuter le gouvernement. C'est dommage. Mais il faut relativiser la crise. L'image du pays n'est pas abîmée pour autant. A l'échelle européenne, d'autre pays sont plutôt dans le viseur", a-t-il indiqué.

Fort affairé à la préparation du congrès de campagne de son parti, organisé ce samedi, il avait tenu à faire un saut à Shanghaï.

En Chine, les entreprises "ont besoin de l'image belge", a-t-il indiqué, soulignant que le gouvernement devra y travailler.

S'agissant de la Chine et du reste de l'Asie, la Belgique sera amenée à jouer un rôle important sur la scène internationale, alors qu'elle s'apprête à présider l'Union européenne et, au mois d'octobre, le sommet de l'ASEM.

Yves Leterme a visité jeudi une série de pavillons à l'exposition universelle de Shanghaï.

Le compte-rendu du Shanghaï Daily de vendredi offre à penser que la complexité des institutions belges et européennes et l'image qu'elle renvoie n'ont pas encore été pleinement assimilée dans cette importante région du monde. La légende en-dessous de la photo du premier ministre évoquait vendredi la visite du "président belge Van Rompuy"...

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