Charge d'Onkelinx contre la Commission européenne

(© Philip Reynaers)

Laurette Onkelinx, qui s'exprime dans les colonnes de la Libre Belgique, dénonce les politiques d'austérités prônés par l'Exécutif européen, et estime qu'il y a un risque de "mise sous tutelle" des Etats européens. La ministre socialiste dénonce également le "capitalisme financier" et juge "troublant" de voir d'anciens de Goldman Sachs occuper des postes clés en Europe.

La Vice-première ministre et ministre aux Affaires sociales, Laurette Onkelinx, s'en est pris au "corset budgétaire" que la Commission européenne veut imposer selon elle aux Etats face à la crise de la dette.

"Je suis inquiète et, par certains aspects, indignée. Je m'inquiète du corset budgétaire à tous crins. Pour moi, serrer la vis, ce n'est pas un projet de société", a affirmé Mme Onkelinx en visant l'exécutif européen dans un entretien publié par la Libre Belgique.

Tout en reconnaissant que la rigueur était "indispensable", elle a estimé que pour la Commission "le corset budgétaire est une obsession" au détriment des politiques de croissance et d'emploi.

Elle a dénoncé les propositions "pas très démocratiques" de la Commission dont celle "d'imposer" un changement de budget à un Etat avant même que ce budget ait été présenté aux Parlements nationaux ou "pire encore" d'imposer à un pays "des réformes économiques structurelles" sur la foi des seules agences de notation et même si ce pays n'est pas en procédure de déficit excessif.

"C'est ce que j'appelle une mise sous tutelle de l'Etat", a déploré Mme Onkelinx.

"Capitalisme financier"

Souhaitant "secouer le cocotier", Mme Onkelinx a également réservé quelques flèches aux représentants du "capitalisme financier" à l'origine de la crise.

Elle a notamment dénoncé le rôle de la banque Goldman Sachs (GS) qui a construit des produits dérivés permettant de "maquiller la situation économique et permis l'entrée de la Grèce" dans la zone euro. "Et savez-vous qui a travaillé pour GS? Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, Mario Monti, Premier ministre italien, Lucas Papademos, le Premier ministre grec", a-t-elle fait remarquer en jugeant cela "troublant".

"Ce capitalisme financier continue à forcer les choix", a-t-elle regretté.

Avant Mme Onkelinx, le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette (socialiste) avait déjà affirmé que la politique de rigueur "imposée" aux Etats de l'UE par la Commission européenne "n'est pas bonne" et va conduire à "15 ans de récession pour l'Europe".

Ces propos avaient été dénoncés par les alliés libéraux (droite) et démocrates-chrétiens flamands de M. Di Rupo et le Premier ministre avait publiquement désavoué son ministre.

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