Charles Michel candidat à Bruxelles? Pas si vite!

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Le Premier ministre mènera-t-il les troupes libérales bruxelloises à l’assaut de la Chambre? Les jeux sont loin d’être faits, dément-on au MR.

Ainsi donc, en mai 2019, le Premier ministre tirerait la liste MR pour la Chambre à Bruxelles, "abandonnant" son fief du Brabant wallon. Il ne s’agit encore que d’une idée, d’une piste, précise la RTBF ce lundi, mais elle circule. Et s’explique: il s’agirait, pour Charles Michel, de circonscrire la tentation du vote N-VA au sein de l’électorat francophone. Et de faire de même avec cette partie des troupes MR qui pourrait être tentée d’aller voir si l’herbe n’est pas plus verte dans le pâturage de DéFI, l’ancien allié.

Bref, Charles Michel à Bruxelles.

Sauf que ce n’est pas du tout à l’ordre du jour, fait-on savoir dans l’entourage du Premier. Son cabinet est formel: ce scénario n’a jamais été envisagé – du moins, pour l’heure, s’entend bien. "Parce que Charles Michel entend rester totalement concentré sur sa tâche de Premier ministre." Et de rappeler que c’est pour cette même raison qu’il a fait l’impasse sur les communales à Wavre.

"Se présenter aux législatives tout en visant la Région, le procédé est curieux."
Caroline Van Wynsberghe
Politologue (UCL)

Et puis, surtout, il est totalement prématuré de parler composition des listes en vue des législatives avant de connaître le verdict des communales – notamment au nom du décumul "light" qui entrera alors en vigueur. Bref, il est bien trop tôt et la répartition des forces entre les listes régionales, pour la Chambre ou les européennes se réglera plus tard, au sommet du MR.

Politique-fiction

Même s’il "est délicat de formuler des hypothèses au sujet d’une non-information", les raisons avancées pour expliquer le débarquement bruxellois de Charles Michel laissent Caroline Van Wynsberghe perplexe. Contrer la N-VA? "Cela me paraît un peu compliqué lorsque l’on dirige une coalition avec elle, et que l’on ne semble pas incommodé par sa présence au contraire, même." Même combat pour DéFI, poursuit la politologue (UCL): "Didier Reynders serait tout à fait capable de faire le job".

À vrai dire, cette rumeur – à moins qu’il ne s’agisse d’un ballon d’essai – laisse la place à quantité d’interprétations; raison pour laquelle il convient de lui coller l’étiquette "pure politique-fiction". S’agirait-il de libérer la place en Brabant wallon afin de faire advenir un nouveau leader? Si l’enjeu est purement bruxellois, pourquoi venir marcher sur les plates-bandes de Didier Reynders? Certes, après la disparition d’Eric André et de Jacques Simonet, les libéraux bruxellois ont traversé une (longue) crise de régime, aucune figure incontestable ne parvenant à s’imposer pour de bon. Justement: le débarquement du Liégeois à Uccle n’était-il pas censé clore ce chapitre et doter le MR bruxellois d’une direction plus affirmée?

Ici aussi, il est possible de supputer, tout en reconnaissant le risque de basculer dans les élucubrations. Il pourrait s’agir d’une volonté de damer le pion à Didier Reynders – sorte de reproduction des tensions qui ont déchiré le MR en 2009 et 2010. Ou bien cela témoignerait d’un partage, une "sorte de Yalta bruxellois", illustre Caroline Van Wynsberghe. À Charles Michel le soin de mener les troupes bruxelloises du MR à l’assaut de la Chambre. Et à Didier Reynders la tête de liste aux régionales, lui qui pourrait bien se rêver ministre-président à la place de Rudi Vervoort (PS). De quoi trancher avec l’hypothèse jusqu’ici dominante: Reynders bataillant à la Chambre et prenant la tête de la Région bruxelloise si les urnes et le jeu des alliances le permettent. "Il faut reconnaître que cela aurait plus de sens en termes de légitimité et de transparence vis-à-vis de l’électeur. Se présenter aux législatives tout en visant la Région, le procédé est curieux, tout de même."

Mais bon. Tout ceci n’est que fiction.

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