Chez Agoria, Bart De Wever rappelle son hostilité envers la sortie du nucléaire

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La fédération des entreprises technologiques, Agoria, tenait son congrès annuel ce mercredi. Avec, au programme, un débat réunissant une belle brochette de personnalités politiques. Parmi les thèmes abordés, le coût salarial, l’approvisionnement énergétique, la mobilité ou encore le financement des entreprises.

Lumière bleue, nuages de fumée, savants fous et robot géant arpentant les allées, musique de parc d’attractions scientifique: on peut dire qu’Agoria a tout fait, à l’occasion de son congrès annuel, pour rappeler qu’elle représentait le secteur technologique de ce pays.

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Avouons d’emblée. Si L’Echo s’est glissé dans l’antre événementiel du centre commercial bruxellois Docks, c’est avant tout pour la liste des invités conviés par Agoria. C’est ce que l’on peut qualifier de belle brochette politique:

  • Meyrem Almaci (Groen)
  • Wouter Beke (CD&V)
  • Georges-Louis Bouchez (MR)
  • John Crombez (sp.a)
  • Frédéric Daerden (PS)
  • Bart De Wever (N-VA)
  • Didier Gosuin (DéFI)
  • Maxime Prévot (cdH)
  • Gwendolyn Rutten (Open Vld) 
  • Gilles Vanden Burre (Ecolo)

 Excusez du peu!

Mention spéciale à Frédéric Daerden, qui n’évoluait pas vraiment en terrain conquis – on a entendu ricaner dans l’assemblée alors que le député vantait l’amour des socialistes pour l’entreprise, ou lors d’une allusion subtile, en ce jour de manifestation, à la culture de la grève qui sévissait en Wallonie. À ce sujet, le résultat du sondage proposé en guise d’entracte à l’assemblée est parlant. Avec qui aurait-elle envie de discuter, façon "speed dating", après le débat? Frédéric Daerden est arrivé bon dernier, accompagné de Gilles Vanden Burre. En tête, Bart De Wever, évidemment. Manque de chance, le patron des nationalistes flamands était pressé et devait filer à l’anglaise sitôt les micros éteints.

Du beau monde, donc, et une formule un brin piquante. Parce que, réparties en huit thèmes, les questions adressées aux politiques étaient formulées par des patrons d’entreprise, dans des termes plutôt directs. Et que chaque intervenant ne disposait, en théorie du moins, que de trente secondes pour répondre – à ce petit concours-là, c’est Gwendolyn Rutten qui a été déclarée grande gagnante du respect du temps de parole.

"Le cdH devrait venir au Fédéral avec nous."
Georges-Louis Bouchez
Délégué général du MR

Les hostilités ont débuté sur le coût salarial belge, pour assez vite dévier sur la réforme des pensions. Et la marche syndicale du jour. Deux camps, évidemment, avec à l’offensive le trio Bouchez, De Wever et Rutten. Florilège: "Ce n’est pas en faisant grève que l’on va payer les pensions"; "Déficit de solidarité envers les jeunes générations"; "Jouer sur les peurs et ne pas réformer les pensions, c’est de l’irresponsabilité." Sur le sujet, on a senti Wouter Beke un brin mal pris, tiraillé entre sa participation gouvernementale et la présence des troupes du syndicat chrétien sur le bitume bruxellois.

Il y a eu, aussi, ce pas de deux wallon. Maxime Prévot reprochant au PS de ne penser que financement public en oubliant le privé. Il ne fallait pas plus pour que Georges-Louis Bouchez abonde dans le sens de Maxime Prévot. "C’est pour cela qu’on est avec le cdH en Région wallonne. D’ailleurs, il devrait venir avec au Fédéral avec nous." Voilà un bel appel du pied. Pas sûr qu’il soit du goût de Benoît Lutgen mais ça, c’est une autre affaire.

Revoici le confédéralisme

La question de la tuyauterie institutionnelle a permis à Bart De Wever d’user de son habileté afin de revenir à l’un de ses thèmes (de campagne) favoris. Alors que le commerce extérieur, l’énergie et le climat étaient pointés du doigt comme compétences à refédéraliser, le bourgmestre d’Anvers a relevé que, pour lui, le niveau de pouvoir le plus approprié était celui de la démocratie. Or comme, c’est bien connu, il y a deux démocraties en Belgique… Chassez le confédéralisme par la porte, il repassera par la fenêtre.

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Venons-en à la plus belle prise de bec de la soirée. Au rayon "énergie", Bart De Wever a rappelé tout le scepticisme de sa formation sur la sortie du nucléaire en 2025. Le tout frais pacte énergétique ne prévoit-il pas un monitoring devant veiller à la faisabilité de la mesure? "Pour moi, ce n’est pas réaliste. Ce sera au prochain gouvernement d’en tirer les conséquences." Contre-attaque virulente de Meyrem Almaci, accusant la N-VA de générer l’incertitude politique à même de faire capoter ce pacte. Et, prenant l’assemblée à partie: "Ce manque flagrant d’ambition, vous en êtes les premières victimes!"

Allez. On ne s’y attendait pas, mais on n’a pas vu le temps passer.

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