"Chez nous, on fait Noël en février, quand je retouche"

©Jef Boes

Un enfant sur quatre en Wallonie vit dans la pauvreté. Difficulté de se chauffer, de partir en vacances et de consommer deux repas par jour contenant des protéines: voila trois critères pour évaluer la "déprivation matérielle" des ménages.

Le Wallon pauvre est un enfant dans un cas sur trois, relève une étude de l'Institut Wallon de l'Evaluation, de la Prospective et de la Statistique (IWEPS).

L'IWEPS a analysé les seuils de pauvreté et de taux de "déprivation matérielle". En 2011, le seuil de pauvreté équivalait à un revenu mensuel net de 1.000 euros par mois pour un isolé. Pour un ménage de deux adultes et deux enfants, il s'élevait à 2.100 euros. En Belgique, le taux de pauvreté atteignait ainsi 15,3%, soit le niveau européen moyen.

Si l'on fait la distinction par région:

  • la Flandre se situe dans le haut du classement européen,
  • la Wallonie au même niveau que la Pologne, le Portugal ou la Lettonie et
  • Bruxelles a un taux supérieur au taux le plus élevé des pays européens.

Par déprivation, l'étude entend l'impossibilité d'accéder à certains biens ou de réaliser certaines dépenses (chauffage, vacances, deux repas par jour contenant des protéines, etc.). En Belgique, les taux de déprivation sont inférieurs à la moyenne européenne. La Wallonie se situe juste au-dessus alors que la Flandre est au même niveau que les pays nordiques, la Suisse ou le Luxembourg. Bruxelles est quant à elle à nouveau en bas du classement, proche de la Grèce ou de Chypre.

A savoir

38% des Wallons ne peuvent pas faire face à une dépenses imprévue de l'ordre de 1.000 euros.

La proportion de personnes touchées par cette déprivation est deux fois plus importante en Wallonie qu'en Flandre: 38% des Wallons ne peuvent pas faire face à une dépenses imprévue de l'ordre de 1.000 euros. Et si l'on se concentre sur les besoins de base, comme le chauffage de son logement ou deux repas protéinés par jour, la proportion de personnes touchées est loin d'être négligeable: respectivement 10% et 6% de la population wallonne.

Parmi les groupes les plus fragiles figurent les enfants: "Un enfant sur quatre vit dans la pauvreté en Wallonie", dit l'étude. La vulnérabilité des enfants en Wallonie est comparativement plus importante qu'en Flandre: alors que sur 100 personnes pauvres en Flandre, 21 sont des enfants, cette proportion atteint 28% en Wallonie. La situation est particulièrement préoccupante dans les familles monoparentales puisque la moitié d'entre elles ne parvient pas à échapper à la pauvreté.

La privation de vacances arrive en tête, suivie du remplacement de meubles usagés, la pratique de loisirs réguliers, la disposition d'un local adéquat pour faire ses devoirs, etc.

 

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