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Chez Novo Nordisk, on forme les travailleurs grâce à la réalité virtuelle

À Copenhaghe, le roi Philippe a testé le système de réalité virtuelle utilisé par Novo Nordisk pour former ses travailleurs. ©Photo News

L’entreprise pharmaceutique danoise a choisi d’utiliser les technologies de pointe pour former certains de ses opérateurs. Au Danemark, terre d’emploi et de flexibilité, la formation est l'un des piliers de base d’un modèle gagnant.

Un casque de réalité virtuelle sur les yeux, des manettes dans chaque main, les quatre ministres  belges de l’Emploi, Bernard Clerfayt (Bruxelles), Hilde Crevits (Flandre), Christie Morreale (Wallonie) et Pierre-Yves Dermagne (Fédéral) tentent de pénétrer dans l’environnement fictif créé par Novo Nordisk. À quelques mètres d’eux, le roi Philippe tend le bras gauche dans le vide, lève la tête en suivant les consignes qui lui sont données dans son casque.

La délégation belge en visite dans l’entreprise pharmaceutique danoise n’est pas en train de jouer à un nouveau jeu vidéo. Elle  vit ce que traversent les travailleurs sous-qualifiés qui y sont engagés. Chez Novo Nordisk, les formations sont entrées de plain-pied dans l’ère du high-tech. Les opérateurs appelés à travailler dans les environnements stériles sont formés sur le tas avec les outils digitaux les plus à la pointe. "Ces personnes ne disposent que d’un diplôme de l’enseignement secondaire, explique le spécialiste en  Digital Learning au sein de l’entreprise, Jes Prause-Knudsen. Ils arrivent chez Novo Nordisk sans aucun bagage, et mettent directement le pied à l’étrier."

Pour autant qu’ils bénéficient d’une assurance chômage, la perte de salaire en cas de démission ou licenciement est faible, à peine 10%.

Devant nos yeux, Bernard Clerfayt rame un peu pour rentrer dans le système. "Oh yeah, it’s good, I can see the particules." Sur l’écran de ses lunettes virtuelles, le système simule l’environnement stérile dans lequel devront se mouvoir les travailleurs, sans prendre le risque de contaminer la chaîne de production. Dans le simulateur, des gouttelettes rouges tombent des mains virtuelles lorsque le travailleur les a mal désinfectées ou bouge trop rapidement. Peu à peu, il peut ajuster son comportement et repasser au vert.

Cette formation ne dure que 15 minutes, mais régulièrement, les travailleurs sont appelés à remettre le casque virtuel, histoire de prouver qu’ils restent aptes à appliquer les procédures.  Près de 400 opérateurs ont ainsi été formés par Novo Nordisk, dans un processus complet qui dure entre six mois et un an avant qu’ils ne soient opérationnels. 

Un turn over important sur le marché

La pratique est courante sur le marché du travail danois, où la flexibilité des travailleurs et le système de protection sociale élevée dont ils bénéficient font qu’ils multiplient les jobs tout au long de leur carrière, sans hésiter à changer quand le cœur leur en dit. Ou quand le marché l’impose. Car pour autant qu’ils bénéficient d’une assurance chômage, la perte de salaire en cas de démission ou licenciement est faible, à peine 10%. Mais les incitants pour se relancer sont tout aussi conséquents… Que ce soit via un suivi très rapproché avec sanctions rapides à la clé ou une limitation dans le temps des allocations (entre 2 et 3 ans).

La formation continue fait aussi partie de la culture du marché du travail danois. Dans le pays, elle concerne 20% des travailleurs, d’après l’enquête européenne sur les forces de travail, contre seulement 7,4% en Belgique. Chacun reçoit environ deux semaines de formation par an, contre 5 jours chez nous.

20%
des travailleurs
Au Danemark, la formation tout au long de la vie concerne 20% des travailleurs, contre seulement 7,4% en Belgique.

Cette expérience, la ministre flamande de l’Emploi, Hilde Crevits, aimerait bien que sa région s’en inspire un peu plus. En Flandre, 40% des personnes sans emploi, et sans formation, ne voient pas l’intérêt de se former de manière continue, regrette-t-elle. Il y a un manque de motivation. "Il faut qu’on soit plus offensif pour impliquer tout le monde, que ce soit les employeurs ou les employés", dit-elle.

À Bruxelles, Bernard Clerfayt estime aussi que ce modèle doit nous inspirer. Et pour lui, l'évaluation des efforts de formation devrait se compter en heures par travailleur, et non en budget de formation. "Car il faut voir qui est formé. Chez nous, ce sont souvent les cadres et les travailleurs très qualifiés, pas les autres."

Sa collègue wallonne, Christie Morreale, estime aussi que les entreprises devraient renforcer leurs objectifs. "Sans avoir de crainte que le travailleur ne quitte l'entreprise. Ici au Danemark, ce turn-over ne les inquiète pas, car ils ont une vision globale des choses. Les entreprises ont pourtant tout bénéfice à avoir des gens capables de s'adapter aux nouvelles technologies", conclut la ministre.

Le résumé

  • La société pharmaceutique Novo Nordisk fait office de modèle à suivre pour la formation des travailleurs.
  • Elle allie de gros investissements en formation tout au long de la vie aux techniques de pointe.
  • L'entreprise danoise utilise notamment la réalité virtuelle pour former ses travailleurs aux procédures risquées.

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