"Ciblez les mesures d'emploi à destination des groupes vulnérables"

Steven Vanackere, le vice-président du Conseil supérieur de l'emploi. ©Photo News

Le Conseil supérieur de l'emploi préconise, dans son rapport annuel, d'accorder une attention particulière aux groupes vulnérables pour améliorer le taux d'emploi.

Les principales mesures de soutien prises dès le début de la crise sanitaire, ont permis de contenir les pertes d’emplois en 2020. Selon les comptes nationaux, en termes nets, l’emploi intérieur ne s’est contracté que de 800 personnes.

C'est avec cette bonne nouvelle que Steven Vanackere a entamé, ce jeudi, la présentation du rapport annuel du Conseil supérieur de l'emploi (CSE). Le marché du travail "a échappé à des drames majeurs", a-t-il assuré.

2,9%
taux de vacance d'emploi
Au quatrième trimestre 2020, pas moins de 115.500 emplois étaient à pourvoir en Belgique. Soit un taux de vacance d'emploi de 2,9%

Pour autant, le vice-président de l'institution se refuse à faire montre de trop d'enthousiasme. Et pour cause: pas mal de problèmes antérieurs à la crise persistent sur le marché de l'emploi.

Embaucher reste un casse-tête

Commençons par un classique: les difficultés rencontrées par les employeurs pour embaucher reste un gros point d'attention dans de nombreux secteurs. Au quatrième trimestre 2020, pas moins de 115.500 emplois étaient à pourvoir en Belgique, soit un taux de vacance d’emploi de 2,9%, largement supérieur à la moyenne de la zone euro qui s'établit à 1,9%.

"Cela indique une difficulté particulière de recrutement et donc un frein au développement des entreprises", souligne le CSE dans son rapport. Selon ses données, les tensions qui en découlent sont présentes dans les trois Régions, même si c’est en Flandre qu’elles sont les plus vives (3,2 %). À Bruxelles et en Wallonie, le taux de vacance d’emploi s'élevait respectivement à 2,8 et 2,4 % l'année dernière.

Bien que certaines tendances aient pu être accentuées du fait de la crise sanitaire, cela concerne la plupart du temps des métiers structurellement en pénurie, tels que les métiers qualifiés des sciences et de l'ingénierie, ceux dans l'informatique, les soins ou encore l'enseignement.

Transitions lentes vers l'emploi

Autre point noir: la crise a encore ralenti les passages du chômage vers l’emploi. En Belgique, le taux de transition moyen s’est réduit de 3 points de pourcentage, passant de 30 à 27% entre 2019 et 2020.

Des différences régionales apparaissent aussi avec, notamment, une difficulté de retour à l’emploi très marquée pour les chômeurs bruxellois. Selon le CSE, celle-ci est due à la spécialisation de l’économie de la capitale plus orientée vers les secteurs des services, mais aussi au fait que la population de Bruxelles est constituée, dans une large mesure, de groupes plus à risque.

Plutôt que de maintenir des aides non ciblées "coûteuse" et "contreproductives", le CSE exhorte les autorités à adopter une approche "opportune, ciblée et temporaire".

Polarisation du marché du travail

C'est d'ailleurs l'une des autres observations du CSE: la polarisation sur le marché de l'emploi ne diminue pas, avec la présence de groupes particulièrement vulnérables. "Cela nécessitera l'attention de tous les gouvernements. Un objectif ambitieux ne pourra être atteint qu'en accordant une attention particulière aux groupes défavorisés", a plaidé Steven Vanackere.

Autrement dit, atteindre un taux d'emploi de 80% à l'horizon 2030 nécessitera impérativement d’élargir la participation au marché du travail, en particulier celle de ces fameux groupes dits à risque. De qui parle-t-on? Des 60-64 ans, des personnes peu diplômées, de celles nées en dehors de l'Union européenne, des femmes ou encore des personnes en situation de handicap.

En finir avec les aides non ciblées

Dernier point avancé par le rapport:  les mesures de soutien non ciblées prises pendant la crise devraient progressivement s’effacer et céder leur place à une approche "opportune, ciblée et temporaire". Florence Lepoivre, cheffe de cabinet du ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne, a assuré qu'une réflexion à ce sujet était en cours.

Le résumé

  • En termes nets, l'emploi intérieur ne s'est contracté que de 800 personnes en 2020, selon le Conseil supérieur de l'emploi (CSE).
  • Quelque 115.500 emplois restaient par contre encore à pourvoir fin 2020, ce qui porte le taux de vacance d'emploi en Belgique à 2,9%. Un chiffre largement au-dessus de la moyenne de la zone euro.
  • Le CSE suggère de ne plus poursuivre les aides non ciblées et préconise une approche "opportune, ciblée et temporaire".

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