Cloquet, le plan A de Georges-Louis Bouchez

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Georges-Louis Bouchez ne démissionnera pas de la présidence du MR suite au ras-le-bol suscité par sa gestion chaotique des deux dernières semaines. Il sauve sa tête mais les barons MR veulent installer une structure pour le mettre sous tutelle.

Georges-Louis Bouchez a sauvé sa tête lundi au terme d'un long bureau élargi du MR. Durant quatre heures, le top du parti a pu vider son sac, dire ce qu'il pensait de sa gestion chaotique de ces dernières semaines. Pour rappel, le jeune Montois a tenté sans succès de remplacer Valérie De Bue au gouvernement wallon par Denis Ducarme qui, à l'occasion de la formation du gouvernement fédéral, avait perdu son poste de ministre. Dans le même temps, il propulsait Mathieu Michel, frère de Charles et fils de Louis, comme secrétaire d'Etat. Le tout sans consulter les barons MR et en ravivant les dynamiques claniques datant de la vieille opposition entre Charles Michel et Didier Reynders. C'est souvent démenti, mais il est généralement admis au MR que Charles Michel ne peut être étranger à la nomination de son frère par celui qu'il avait soutenu comme candidat président face à Denis Ducarme.

A bonnes sources cependant, L'Echo a pu confirmer l'information de La Libre selon laquelle Mathieu Michel n'a été que le plan B de Georges-Louis Bouchez pour le secrétariat d'Etat fédéral à la Digitalisation. Le président du MR a en effet tenté jusqu'au jeudi matin, jour des prestations de serment du gouvernement De Croo, de convaincre Jean-Jacques Cloquet de monter au Fédéral sous drapeau libéral. L'ex-patron de l'aéroport de Charleroi, aujourd'hui membre de la direction de Pairi Daiza, a refusé une dernière fois jeudi, laissant le champ libre à Mathieu Michel qui se savait en réserve.

Un bureau très violent

Depuis jeudi, l'affaire fait littéralement imploser le parti, où, à tous les niveaux, on fustige la direction autocratique de Georges-Louis Bouchez et sa violence morale à l'égard de ses cadres. A cette erreur grossière sur De Bue finalement réintégrée à son poste (Bouchez s'étant assis par ignorance sur un décret wallon garantissant une représentation féminine d'un tiers au moins au gouvernement régional), ajoutez un ressentiment issu du programme fédéral que beaucoup au MR jugent mal négocié, la hargne de Denis Ducarme et le mécontentement de l'aile liégeoise du parti, et vous obtenez le cocktail détonant qui saute à la figure de Georges-Louis Bouchez.

Samedi, une réunion des barons du parti avait conclu que le président devait débarrasser le plancher. Le hic, c'est que si celui-ci refuse de démissionner, les statuts du MR ne permettent pas de le destituer. Fidèle à lui-même et malgré la bronca, Georges-Louis Bouchez a donc refusé le pas de côté réclamé. Résultat des courses, le top du MR s'est entendu pour l'entourer (ou "mettre une laisse au chien fou", entend-on en interne) d'une garde rapprochée fonctionnant un peu comme le G9 socialiste, sorte de club des poids lourds qui conseille le président.

Sont pressentis pour y prendre place, Sophie Wilmès, Pierre-Yves Jeholet, Willy Borsus en tant que chefs de file gouvernementaux, et Alexia Bertrand, cheffe de groupe de l'opposition MR en Région bruxelloise. Dès lundi, d'autres faisaient des pieds et des mains, comme Jean-Luc Crucke et Denis Ducarme, pour en faire partie. Le dispositif serait soumis à l'ensemble des parlementaires MR, que le parti a conviés ce lundi soir à Gembloux.

"L'image du parti est déplorable et son unité vole en éclats. Bouchez vient de raviver une guerre des clans. Il est nuisible."
Un député MR

Ce consensus tranche avec les déclarations matamoresques du matin. Ducarme se disant humilié, Sabine Laruelle évoquant une gestion mafieuse et népotique du parti en sont deux exemples marquants. Ulcérés, les Borsus, Laruelle, Crucke et Bertrand sont notamment sortis très durement contre Georges-Louis Bouchez, nous revient-il du bureau. Mais l'encadrement de "GLB" a été préféré à une nouvelle élection interne, en vue de protéger le parti de ses propres démons. Ceci étant, le problème de Ducarme n'est pas résolu, pas même celui de la fédération liégeoise du MR, qui se sent sous-représentée.

"C'est un cirque, tonnait un député. L'image du parti est déplorable et son unité vole en éclats. Bouchez vient de raviver une guerre des clans. Il est nuisible." "Le système mafieux l'emporte, dit un autre libéral. Tout le monde sait que Laruelle a dit la vérité, personne ne croit ni en la sincérité des excuses de Georges-Louis ni au fait qu'il va changer." Ce lundi soir, la proposition du bureau attendait l'aval d'une réunion interparlementaire, qui s'annonçait évidemment houleuse.

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