analyse

Coalition Vivaldi: le CD&V dit "Avanti"

Le président Joachim Coens n'est pas contre l'idée d'un gouvernement Vivaldi. Reste à convaincre son parti. ©BELGA

Joachim Coens, le président du CD&V, ouvre la porte à une coalition avec les familles socialiste, libérale et écologiste. Mais insiste sur le contenu du programme.

Ce mercredi, le petit monde de la politique belge attendait toujours que le CD&V décide d'entrer ou pas en négociations pour former un gouvernement avec les familles socialiste, libérale et écologiste. C'est la formule appelée Vivaldi. Déjà tentée il y a plusieurs mois, elle est cette fois suggérée par Egbert Lachaert, président de l'Open Vld, missionné par le Roi.

Invité par la VRT mercredi soir, Joachim Coens, le président du CD&V, a clairement ouvert la porte à une entrée en négociations. Sans pour autant formuler un "oui" franc. "Il ne s'agit pas de Vivaldi, il s'agit d'Avanti", a-t-il dit. "Ce pays doit aller de l'avant! Les gens veulent des solutions. (…) Nous voulons un projet où nous pouvons réaliser nos priorités fondamentales. Le CD&V fait la synthèse entre le social, l'économique, l'éthique et le durable." Clairement, le CD&V cherche à briser la "marque" Vivaldi, perçue comme trop à gauche.

"Nous voulons un projet où nous pouvons réaliser nos priorités fondamentales. Le CD&V fait la synthèse entre le social, l'économique, l'éthique et le durable."
Joachim Coens
Président du CD&V

On le sait depuis un certain temps, ce dilemme fracture le CD&V, qui, jusqu'ici, a toujours préféré miser sur une coalition associant la N-VA. Mais l'enlisement fédéral en pleine crise Covid semble avoir rebattu les cartes. Le parti n'en reste pas moins divisé entre une ligne régionaliste, souhaitant reproduire au Fédéral l'axe formé avec la N-VA au gouvernement flamand, et une ligne plus fédérale estimant qu'un maintien à ce niveau de pouvoir permettra au parti de se sauver. Quels sont les éléments qui font gamberger les démocrates chrétiens? Reprenons.

Démarrons avec les "contre". La formule Vivaldi reste minoritaire dans le groupe flamand à la Chambre, ce qui offre un boulevard à une opposition où se retrouveraient les deux premiers partis de Flandre: la N-VA et le Vlaams Belang. Mais cet écueil ne constitue plus un frein, a estimé mercredi Joachim Coens. Le président du CD&V a indiqué que la priorité allait au "contenu".

Il y a donc rupture. Craignant pour la stabilité du gouvernement flamand, la ministre régionale Hilde Crevits est la plus ardente défenseuse de l'axe CD&V/N-VA. Elle jouit d'une grande influence au sein du parti. On rappellera que selon un coup de sonde interne mené en début d'année, une majorité de membres préfèrent une alliance avec la N-VA, comme une majorité des bourgmestres CD&V. Les sociaux-démocrates sont également prisonniers de leur discours pro-N-VA, notamment répété avec force à moult reprises par le vice-Premier ministre Koen Geens.

Il ne fera pas bon, d'ici le 17 septembre et la fin de la confiance au gouvernement Wilmès, être à l'origine d'un nouvel échec.

La coalition Vivaldi est d'autant plus difficile à épouser pour le CD&V qu'avec ses 12 sièges, ce dernier n'est pas numériquement nécessaire. L'arc-en-ciel est tout juste majoritaire (75 sièges sur 150). Une situation qui n'est pas pour rien dans les pressions exercées par Joachim Coens, président du CD&V, pour embarquer son parti francophone frère, le cdH. L'affaire n'est cependant pas pour satisfaire les trois partis francophones, surtout le MR.

Question existentielle

En cas de casse, le scrutin anticipé pourrait s'imposer. Déjà en grande difficulté dans les urnes, le parti pourrait reculer davantage et se rapprocher de la quasi-extinction. Voilà qui plaide pour une entrée en négociations, le CD&V étant par ailleurs un "parti de pouvoir" qui pourrait gagner à montrer qu'il prend ses responsabilités. Il est également en mesure de rafler le poste de Premier ministre. "C'est sans doute aussi pour augmenter ses chances qu'il réclame que le cdH monte à bord", ajoute un observateur.

En outre, comment tirer son épingle du jeu dans l'opposition aux côtés, éventuellement, de la N-VA et du Belang? Aux "pour", on peut encore ajouter le soutien du Mouvement ouvrier chrétien à la coalition Vivaldi, exprimé de longue date.

Egbert Lachaert est attendu au palais pour un nouveau rapport au Roi vendredi.

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