Coens: "Nous allons essayer de reporter le vote sur l'IVG"

Le président du CD&V s'est exprimé sur les ondes de Radio 1 ce mercredi matin. ©BELGA

Joachim Coens (CD&V) a indiqué que le vote controversé sur l'assouplissement de la loi sur l'IVG risque d'être reporté cette semaine.

Le président du CD&V l'a affirmé ce mercredi matin sur les ondes de Radio 1: "Le vote n’a pas encore été reporté, mais nous allons essayer de le reporter". Pour rappel, le CD&V est, avec la N-VA, opposé à la proposition des libéraux, socialistes, des Verts et du PTB d'assouplir la loi sur l'avortement en prolongeant de 12 à 18 semaines l'interruption de grossesse et de deux à six jours le délai de réflexion. Avec le Vlaams Belang, ils avaient obtenu début juillet l'envoi au Conseil d'Etat d'une deuxième série d'amendements à cette proposition de loi.

De son côté, le CD&V plaide pour inscrire le dossier de l'avortement à l'agenda de la formation d'un gouvernement fédéral. Le parti a par ailleurs été rejoint à ce sujet samedi dernier par le président de la N-VA, Bart De Wever, qui estime également que cette loi constitue un point de rupture dans le processus de formation d'un gouvernement.

Un climat qui ne convient pas

"Aujourd’hui, la stabilité politique n’est pas là pour discuter ce genre de dossiers éthiques en toute sérénité", souligne Coens. "Nous voulons que nos perspectives soient prises en compte et cela n’est possible que dans un contexte plus stable politiquement". Le président de parti pointe en outre plusieurs problèmes, tels que la sortie du droit pénal et l'allongement à 18 semaines pour l'interruption volontaire de grossesse.

"Si cette loi sort du droit pénal, vous ne pouvez plus offrir de protection. Et cela conduit à l'incertitude, tant pour le médecin que pour la femme. Faire passer le terme de 12 à 18 semaines crée également une situation complètement différente: pour moi, il s'agit de la protection de la vie à naître. Et enfin, il faut améliorer la sensibilisation et la prévention", déclare-t-il.

Le CD&V et la N-VA tenteront donc de reporter le vote à coups d'amendements. Le CD&V en a déjà soumis une cinquantaine, et la députée de la N-VA Valerie Van Peel a indiqué que son parti "utilisera tous les moyens démocratiques possibles pour le report", rapporte De Morgen.

Un report après les vacances?

Cette fameuse (et controversée) loi de l'IVG pourrait donc ne pas être votée cette semaine, au grand dam du PS qui avait écrit au président de la Chambre, Patrick Dewael, pour lui demander d'inscrire à l'ordre du jour de la séance plénière de ce mercredi la proposition de loi. Le Conseil d'Etat avait ensuite remis vendredi son avis à propos des amendements, rien n'empêchant dès lors son inscription à l'agenda de la séance plénière de la Chambre.

"Si le PS peut adhérer aux discussions, peut-être que d'ici le 21 juillet nous aurons une position claire sur la façon dont les choses devraient se dérouler."
Joachim Coens
Président du CD&V

Si ce nouveau report de cette loi IVG reste encore à confirmer, il était toutefois dans l'air depuis quelques jours déjà. La pause parlementaire débutant dans quelques jours, un report signiferait donc que le vote ne pourrait avoir lieu qu'après les vacances. Quant à savoir si ce report bénéficiera aux négociations pour former un gouvernement fédéral, Coens renvoie la balle au PS et au 21 juillet pour espérer trouver un accord.

"Nous avons commencé les discussions avec les trois présidents du gouvernement actuel pour voir ce qui est possible sur la base de la note de Paul Magnette (PS) et de Conner Rousseau (sp.a). Si le PS peut adhérer (aux discussions), tant mieux, alors peut-être que d'ici le 21 juillet nous aurons une position sur la façon dont les choses devraient se dérouler."

Ce mardi, Magnette ouvrait justement la porte à une possible gouvernance avec la N-VA et à une discussion sur une réforme de l'Etat. Avant toutefois de rappeler qu'il "refusera toujours de faire de la loi IVG une question d'accord de gouvernement".

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