interview

De Croo annonce le retour de la croissance

Alexander De Croo l’assure: "L’année 2016 sera celle du boost." ©BELGA

Selon le ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique et des Télécommunications, les réductions de charges vont porter leurs fruits en 2016.

"Le plus important est que la croissance économique reprenne. Et celle-ci arrivera de toute façon. Les réductions de charges pour les entreprises porteront leurs fruits dès cette année. L’année 2016 sera celle du boost", prédit le vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique et des Télécommunications, Alexander De Croo (Open VLD), dans un entretien. Combatif, il précise que "pour chaque 0,1% de croissance engrangé, cela représente un impact positif de 200 millions d’euros sur le budget".

Pour le libéral flamand, des baisses d’impôts et une modernisation du marché du travail ont une influence plus importante sur le budget que de réduire les dépenses publiques. "Nous devons cesser de penser à court terme en courant d’un contrôle budgétaire à un autre."

Est-ce à dire que l’équilibre budgétaire ne compte plus parmi les priorités de l’Open VLD? De Croo tient à mettre les choses au point: "La plupart des économies réalisées par ce gouvernement l’ont été grâce à notre action. Ensemble, Maggie De Block et Bart Tommelein ont assuré plus de 50% de l’effort d’assainissement budgétaire. Si nous n’avions pas été là, très peu d’économies auraient été réalisées."

"La grande majorité des réfugiés souhaitent rentrer en Syrie."
Alexander De Croo
Vice-premier ministre Open VLD

Et il tacle au passage son partenaire de gouvernement, la N-VA de Bart De Wever. "La plupart des ministres N-VA viennent avec des demandes de crédits supplémentaires. C’est une différence capitale par rapport à nous, qui misons d’abord sur les réformes fondamentales. Les vrais réformateurs de ce gouvernement sont les ministres Open VLD."

Le partenaire CD&V n’est pas épargné non plus. "Il existe une ligne de fracture au sein de ce gouvernement entre ceux qui optent résolument pour le changement et ceux qui estiment que rien ne doit changer fondamentalement." C’est une réponse à son collègue Kris Peeters (CD&V) qui, dans ces colonnes, estimait que des réformes radicales étaient difficiles à mettre en œuvre, vu la complexité institutionnelle du pays.

La SNCB doit changer

Sans surprise, le vice-Premier libéral tire aussi à vue sur la concertation sociale. "Certains débats devraient prioritairement avoir lieu entre partenaires du gouvernement et non entre partenaires sociaux. La concertation sociale a sa raison d’être, mais elle ne peut pas être une excuse pour refiler la facture au gouvernement ou pour reporter certaines réformes aux calendes grecques, comme ce fut trop souvent le cas ces derniers mois."

Et Alexander De Croo de citer l’exemple du délicat dossier de la SNCB. "Tant la direction que les syndicats souhaitent l’intervention d’un conciliateur. Mais cela ne peut pas être une excuse pour ne pas traiter les problèmes. Chacun sait que le niveau de productivité à la SNCB est bien trop bas. Nous devons y remédier, afin que la SNCB puisse continuer à investir. Dans le passé, on n’osait pas aborder ce sujet de front. Le résultat, c’est que les gares et les trains ne satisfont pas aux attentes des voyageurs."

"Ensemble, Maggie De Block et Bart Tommelein ont assuré plus de 50% de l’effort d’assainissement budgétaire."

"La population également attend du gouvernement que les choses changent sur le rail."

Pas question dès lors de cautionner d’une quelconque manière les grèves annoncées sur le rail en janvier. "Les grèves en rafales que l’on nous promet échappent à tout entendement. La modernisation de la SNCB est un des chantiers les plus importants du gouvernement. L’ensemble du gouvernement appuie la démarche. La population également attend du gouvernement que les choses changent sur le rail. Je pense qu’on y arrivera. Nous avons d’ailleurs prouvé avec bpost et Proximus qu’il est possible de transformer une entreprise publique en une entreprise moderne."

Sauf que dans les deux entreprises précitées, un partenaire privé a été invité à monter à bord. Faut-il dès lors envisager un scénario semblable à la SNCB? "Un partenaire privé pourrait constituer une aide, mais je ne pense pas que ce soit une condition pour réussir", répond le vice-Premier.

Le drame des réfugiés

La crise des réfugiés a profondément touché Alexander De Croo. En tant que ministre de la Coopération au développement, il s’est trouvé régulièrement en présence de réfugiés, ce qui ne l’a pas laissé insensible. "Ce qui m’a le plus touché, c’est l’absence d’espoir pour ces gens-là. Les camps de réfugiés établis en Turquie le long de la frontière avec la Syrie sont les meilleurs que l’on puisse imaginer en termes d’équipement. Ils sont bien organisés, on y trouve des écoles, des bibliothèques et des installations sanitaires. Mais un camp de réfugiés doré n’en reste pas moins un camp de réfugiés. Ces gens s’apprêtent à y passer leur sixième hiver. Et il est logique qu’ils se demandent s’ils vont devoir rester là pour le restant de leur vie. Allons-nous devenir la nouvelle Palestine, se demandent-ils?"

"La grande majorité des réfugiés, soit environ 90%, a choisi de rester dans la région. Ils ne veulent pas partir pour l’Europe mais souhaitent au contraire retourner en Syrie." Pour De Croo, il faut soutenir la Turquie. "Vous ne pouvez attendre que ces pays assument tout à leurs frais. Si nous ne nous investissons pas là-dedans, on risque de le regretter dans dix ans", prévient-il.

Soutien à Gwendolyn Rutten

Enfin, Alexander De Croo se montre en revanche plutôt serein par rapport aux faibles scores enregistrés par l’Open VLD dans les sondages. "Je ne suis pas inquiet. D’ici la fin de la législature, chacun verra que nous avons effectivement engrangé des résultats."

Gwendolyn Rutten est candidate à sa propre succession en tant que présidente de l'Open Vld, a-t-elle annoncé dimanche sur VTM. Son mandat se termine cette année et des élections seront organisées. Selon Gwendolyn Rutten, les gouvernements flamand et fédéral doivent avoir l'ambition de continuer à "mener des réformes" et attirer davantage de personnes sur le marché de l'emploi. Elle plaide ainsi pour l'extension du système de flexi-jobs au secteur de la construction ou aux pensionnés. (Belga)

Le vice-Premier réaffirme d’ailleurs son soutien total à Gwendolyn Rutten à la tête du parti, alors que les militants doivent élire cette année un nouveau président. "C’est à Gwendolyn de voir ce qu’elle veut faire. Pour ma part, j’estime qu’elle s’en est remarquablement bien sortie. Si elle veut rempiler pour quatre années supplémentaires, je la soutiendrai à 100%."

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