De moins en moins d'argent pour l'enseignement

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La clé de répartition du financement de la FWB, basée sur le nombre d'élèves, ne cesse de se dégrader. Mauvaise nouvelle à l'entame du conclave budgétaire.

Les ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles entrent ce mercredi en conclave budgétaire avec de bien mauvaises nouvelles concernant les budgets de l'enseignement obligatoire et supérieur.

D'après les premières données livrées par le ministre du Budget Frédéric Daerden ce lundi au Parlement, la clé-élèves, déterminante pour le financement de la FWB, se dégrade encore cette année.

42,28%
La clé-élèves tombera à 42,28% en 2021, alors qu'elle était encore de 43,07% en 2006.

La clé-élèves – soit le pourcentage de répartition des recettes TVA venant du Fédéral calculé sur la base du nombre d'élèves scolarisés – tombera à 42,28 en 2021, alors qu'elle était encore de 43,07% en 2006. Les projections jusqu'en 2030 ne sont pas plus rassurantes puisque la FWB ne devrait plus percevoir que 41,27% de l'enveloppe, le reste allant à la Flandre.

La perte chiffrée n'a pas été donnée. L'an dernier, à la même époque, on parlait d'un manque à gagner de 323 millions d'euros à l'horizon 2030, sur un budget de 9 milliards d'euros.

Démographie et migration

Mais pourquoi cette dégradation? D'une part, il y a surtout l'évolution démographique, plus forte en Flandre qu'en FWB. Mais la FWB voit aussi des élèves francophones lui échapper pour aller dans l'enseignement flamand. Fin 2018, ils étaient 32.321 dans ce cas, 9.000 de plus qu'en 2010.

L'autre problème vient du fait que l'enseignement en alternance est plus populaire du côté francophone, or ces élèves ne sont pas comptabilisés dans la clé.

Trop de redoublement

"Il faudrait une révision de la loi spéciale de financement."
Frédéric Daerden
Ministre du Budget

Enfin, dernier facteur venant plomber les finances du budget de l'enseignement: le redoublement. Un certain nombre d'élèves bisseurs ne sont plus comptabilisés dans la clé-élèves car ils ont dépassé l'âge de l'obligation scolaire (18 ans). Celle-ci ne tient en effet compte que du nombre d'élèves âgés de 6 à 17 ans. À cela risque aussi de s'ajouter l'impact de la baisse de l'obligation scolaire à 5 ans. La clé n'a pas été revue, "il faudrait pour cela une révision de la loi spéciale de financement", dit le ministre Daerden.

Face à ces constats, Frédéric Daerden insiste sur les mesures mises en œuvre dans le cadre du pacte d'excellence, et qui ont pour objectif de renforcer la qualité, et donc l'attractivité, de l'enseignement francophone.

Il ne s'agira pas de laisser tomber les montants à investir dans le Pacte d'excellence (250 millions à terme), mais il faudra trouver les moyens de combler le déficit qui a grimpé de 700 millions à près de 1,6 milliard d'euros. Le recours aux emprunts reste la piste privilégiée.

Les finances des unifs plombées de 57 millions

La crise du Covid vient plomber davantage les finances des universités. Ce lundi, le Conseil des recteurs a tiré la sonnette d’alarme: en 2020, la crise aura coûté 17 millions de plus aux six universités francophones. Ce montant représente les dépenses qu’elles ont dû engager pour l'aide sociale aux étudiants, l'aménagement de l’enseignement à distance, l'équipement sanitaire des locaux (22,5 millions), déduction faite des économies réalisées grâce à la fermeture des bâtiments (5,4 millions).

À ce montant s’ajoute un sous-financement chronique dû à la hausse du nombre d’étudiants dans un système qui fonctionne en enveloppe fermée. Cette année, les inscriptions (en 1re bac et dans les autres années) connaissent une croissance exceptionnelle de 5%. Le président du Cref, Pierre Wolper (recteur de l'ULiège) explique cette hausse en partie par le taux de réussite plus élevé qui fait que les étudiants restent dans les filières. "Avec la crise, certains ont peut-être laissé tomber leurs projets de voyage à l'étranger, mais cela n'explique pas tout", dit-il.

Pour absorber cette hausse, les six universités auraient besoin d’un refinancement de 40 millions d’euros. Total de la facture donc: 57 millions, qui vient s'ajouter aux 50 millions d'euros annuels déjà réclamés pour stopper le définancement.

Les recteurs réclament une intervention urgente. "Nous avons déjà été refinancés à hauteur de 5 millions en 2020 (mais on n'en a pas encore vu la couleur) et 15 millions pour 2021, mais ces montants ne servent qu'à ralentir le définancement structurel, pas à le combler", insiste Wolper.

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