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De Wever ou pas, telle est la royale question

"On a eu une trentaine de réunions avec la N-VA et ça ne mène à rien", a déploré lundi le président du PS Paul Magnette. ©BELGA

Le PS ferme une fois encore la porte à toute alliance avec la N-VA. Fin de mission chaotique pour le duo Bouchez-Coens.

Le PS finira par en faire une chansonnette. Ce n’est plus la peine de compter les déclarations tuant toute possibilité de voir les socialistes francophones s’entendre avec la N-VA pour gouverner le pays. Paul Magnette l’a réaffirmé lundi alors que ses homologues du MR et du CD&V, Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens, sont attendus ce mardi au Palais à 15h30 pour rendre leur rapport d’information.

"On a eu une trentaine de réunions avec la N-VA et ça ne mène à rien. Autour de la table, le PS est de bonne volonté mais Bart De Wever ne fait aucun compromis. À un moment, cela a assez duré. (...) Si on veut faire un gouvernement sans le PS, eh bien qu’on le fasse mais que l’on ne demande pas au PS de mener une politique de droite. Nous voulons donner une réponse sociale aux défis qui se posent et non poursuivre la politique du gouvernement précédent, qui a été largement sanctionnée par les électeurs", a-t-il expliqué.

Revendications "imbuvables"

Paul Magnette a dévoilé au bureau du PS un catalogue de revendications N-VA jugées imbuvable par le parti (limitation du chômage dans le temps, de certaines pensions, confédéralisme à l’horizon 2024.). Une liste qualifiée de caricaturale jusque dans les rangs francophones mais qui réaffirme le niet du PS.

"J’ai l’impression que le PS ne veut pas d’un gouvernement avec une majorité en Flandre. Il préfère un gouvernement où il peut être le patron." C’est la déclaration du jour de Bart De Wever, qui animait lui aussi le bureau politique de son parti. Le président de la N-VA a aussi dit sa reconnaissance à l’égard du CD&V qui refuse toujours de s’engager dans une négociation si les partenaires n’ont pas de majorité dans le groupe linguistique flamand à la Chambre. Une option qui n’est pas possible sans la N-VA et le Vlaams Belang. "Plus le temps passe, plus le CD&V aura du mal à se détacher de la N-VA", peste une francophone.

Si c’est pour que Bart De Wever pourrisse la situation pendant des mois, non merci.
Un Ecolo

Et la suite? À la veille du rendez-vous des informateurs avec le Roi, l’expectative était toujours de mise. En coulisse circulait toujours l’idée de confier à Bart De Wever une mission royale. D’aucuns y voient la seule manière de décrocher le CD&V des nationalistes. Un échec de Bart De Wever informateur démontrerait qu’aucune alliance n’est possible avec la N-VA, une réussite offrirait à la Flandre la majorité tant souhaitée. Ce qui paraît impossible.

La peur du pourrissement

On sait les écologistes peu enthousiastes pour ce passage obligé, qui ne servirait, à leurs yeux, qu’à perdre encore du temps. "Si c’est pour que Bart De Wever pourrisse la situation pendant des mois, non merci", dit un vert. Chez les socialistes, on ne s’opposerait pas à ce que la N-VA fasse un tour de piste, sans y croire pour autant.

D’aucuns savent Bart De Wever suffisamment malin pour exploiter pareille mission et, par exemple, avec une note consensuelle, arrimer encore davantage Open Vld et CD&V.

À l'Open Vld, les choses sont moins claires tandis qu’au MR, on veut surtout montrer que la mission de Georges-Louis Bouchez a permis de faire avancer le schmilblick, ce qui est loin d’être gagné. Ainsi, chez les libéraux francophones, on comprend bien que si la N-VA endosse un nouveau rôle d’information, les deux mois durant lesquels le président Bouchez a mouillé la chemise n’auront pas servi à grand-chose.

Lancer la N-VA n’est donc pas évident. D’aucuns savent Bart De Wever suffisamment malin pour exploiter pareille mission et, par exemple, avec une note consensuelle, arrimer encore davantage Open Vld et CD&V. Pour la présidente de Groen, Meyrem Almaci, laisser la N-VA tester à son tour une alliance avec le PS n’a aucun sens. "Nous trouvons que c’est une perte de temps. Avançons maintenant", disait-elle lundi, préconisant une coalition arc-en-ciel élargie au CD&V. Le sp.a se montrait moins direct, se contentant de déplorer l’absence de progrès, huit mois après les élections. Le Roi Philippe a le choix des embarras.

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