Débat sur l'IVG: Coens menace de quitter sa mission de formateur

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Le président du CD&V, Joachim Coens, envisage de démissionner de ses fonctions de formateur. En cause, la position du MR sur "un dossier crucial" pour les chrétiens-démocrates flamands qu'est l'avortement, dont le vote sur la proposition de loi a été de nouveau reporté ce jeudi.

Le président du CD&V Joachim Coens menace de quitter sa fonction de formateur. Pourquoi? Parce que le président du CD&V a vu rouge lorsque le patron du MR Georges-Louis Bouchez a indiqué dans un tweet qu'il ne demandait pas aux députés libéraux de voter contre la proposition de loi relative à l'assouplissement des règles autour de l'avortement.

"C'est important pour nous. On parle d'une vie qui n'est pas encore née et de la protection de la femme car les balises pénales disparaissent si quelque chose ne se passe pas comme il faut. On doit savoir que pour nous c'est un dossier crucial", a expliqué Coens à l'issue de la séance plénière de la Chambre qui devait voter sur la proposition de loi et à laquelle il a assisté depuis la tribune du public.

Le président du CD&V a donc bel et bien confirmé vouloir inscrire le dossier de l'avortement à l'agenda de la formation d'un gouvernement fédéral. Si ce n'était pas le cas, il juge inutile de poursuivre les discussions qu'il mène actuellement avec ses homologues de l'Open Vld et du MR dans l'espoir de trouver une majorité pour former le nouveau gouvernement. "Je veux savoir si ce dossier peut être l'objet des discussions, sinon, nous ne continuerons pas", a-t-il ajouté. Si ce n'était pas le cas, M. Coens et ses homologues libéraux, Egbert Lachaert et Georges-Louis Bouchez "ne formeront plus un trio", a-t-il averti.

Vu l'importance de ce dossier pour son parti, il considère la position du président du MR comme une rupture de confiance entre les deux partis.

Cinquante cinq députés ont obtenu ce jeudi après-midi le renvoi des amendements à la proposition de loi au Conseil d'Etat. Le vote est donc à nouveau reporté.

Bouchez veut poursuivre la formation

De son côté, le président du MR a invité son homologue du CD&V à poursuivre les travaux en vue de former un gouvernement fédéral. A ses yeux, c'est le seul moyen d'éviter le vote de propositions que l'on ne veut pas. "Ce dossier peut être une question pour un futur gouvernement mais quand on n'a plus de gouvernement depuis un an et demi, on ne peut pas empêcher le parlement de fonctionner. La seule solution, c'est de former un gouvernement le plus rapidement possible", a expliqué M. Bouchez, interrogé en marge de la séance plénière de la Chambre.

"La seule solution, c'est de former un gouvernement le plus rapidement possible."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

La technique utilisée par le CD&V, à savoir le recours tout à fait inhabituel au renvoi pour la deuxième fois d'amendements au Conseil d'Etat, ne plaît guère au MR. "On tord la procédure. Si pour toutes les lois votées ici, on apportait la même précaution, notre arsenal juridique entrerait au patrimoine de l'humanité. A un moment, un texte arrive en fin de procédure parlementaire, il est normal de le voter", a souligné M. Bouchez.
Le président du MR ne voit pas d'objection à ce que la question de l'avortement soit abordée comme d'autres à la table des discussions mais il fait remarquer que le processus parlementaire est déjà arrivé très loin. Il lui paraît dès lors difficile de renoncer au principe de la loi mais pas de s'accorder sur certaines conditions.

Les libéraux conserveront leurs traditions de liberté de vote dans les sujets éthiques. "C'est ce qui fait de nous des libéraux et non des conservateurs", a-t-il ajouté. Le président du MR ne désespère pas de continuer les discussions en vue de former un gouvernement et peut-être d'arriver ce week-end à organiser une réunion à six partis (MR, Open Vld, CD&V, sp.a, cdH, N-VA).

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