analyse

DéFI et cdH, entre attraction et répulsion

Christophe Magdalijns (à gauche) a été candidat malheureux à la présidence de DéFI occupée par François De Smet. Il plaide toujours pour une convergence au centre. ©Dieter Telemans

Une association des deux partis se réclamant du centre n'est pas encore à l'ordre du jour. Mais dans ces deux formations d'opposition au fédéral et en Fédération Wallonie-Bruxelles, on réfléchit à un avenir commun. Chez DéFI, tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde.

Il n'est pas question à ce stade d'une recomposition au centre de l'échiquier politique. Mais quelque chose est en train de se passer entre DéFI et cdH qui sont dans l'opposition au fédéral ainsi qu'en Fédération Wallonie-Bruxelles. C'est à ce niveau de pouvoir que le rapprochement est le plus perceptible. Alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que les deux formations centristes entrent dans une féroce compétition, voici qu'ils collaborent presqu'avec ostentation.

Avec ses trois députés, DéFI ne peut compter sur le statut de groupe parlementaire et le degré d'information qui l'accompagne? Qu'à cela ne tienne, le groupe humaniste (11 députés) joue la transparence avec les amarantes. Des deux côtés, on entend que d'excellentes relations se tissent à l'intérieur du quatuor formé par Céline Fremault et Alda Greoli pour le cdH, et Christophe Magdalijns et Joëlle Maison pour DéFi. L'info circule entre les deux forces d'opposition qui s'entendent sur nombre de sujets, saluent leurs interventions respectives.

"La stabilité du pays passe par moins de partis et par la constitution d'un mouvement centriste qui soit un pivot fort."
Christophe Magdalijns
Député bruxellois (DéFI)

Dans les deux camps, on trouve des partisans d'un rapprochement stratégique. "Le paysage politique belge n'est pas figé", confie le député bruxellois Christophe Magdalijns. "Il ne peut pas l'être car la société évolue. La stabilité du pays passe par moins de partis et par la constitution d'un mouvement centriste qui soit un pivot fort." Comme lorsqu'il était candidat à la présidence de son parti, le député plaide pour "des discussions entre centristes afin d'examiner si des convergences sont possibles. " "Ce serait idiot de ne pas y penser", appuie la députée Joëlle Maison qui souligne aussi que le dialogue est sans doute plus facile à installer quand il s'agit "de matières qui touchent directement la personne, l'enseignement ou des matières territoriales".

DéFi divisé, le cdH déconfessionnalisé

"J'ai adhéré au parti alors qu'il avait déjà quitté le MR mais je pense qu'on se porte mieux depuis que nous sommes indépendants", oppose la députée fédérale Sophie Rohonyi. Je doute fort d'un intérêt stratégique à nous retrouver à nouveau en cartel. Je ne crois pas que nos électorats s'additionneraient. Non, franchement, je ne vois pas la plus-value".

"Il n'y a aucune velléité d'aller dans ce sens, nous n'avons pas encore récolté tous les fruits de notre indépendance."
François De Smet
Président de DéFI

Le cdH "reste un parti socio-chrétien" avec lequel tout accord est impossible sur certains dossiers éthiques, la réforme de la loi sur l'avortement en tête, estime la députée. "DéFI c'est le centre fort, le cdH c'est le centre mou", assène-t-elle. François De Smet, président de DéFI, reste lui aussi sur cette ligne: "Il n'y a aucune velléité d'aller dans ce sens, nous n'avons pas encore récolté tous les fruits de notre indépendance."

Le cdH est beaucoup plus discret. Dans l'entourage de son président, on ne confirme pas non plus le moindre rapprochement structurel. "Mais la recomposition du centre est inscrite dans les astres", entend-on. La refondation du parti, fortement ralentie par la crise, aura pour aboutissement une "déconfessionnalisation complète", ajoute un cadre humaniste. Une dynamique déjà entamée par le président Maxime Prévot. On relève aussi l'entrée de DéFI dans la majorité provinciale de Namur en coalition avec le cdH.

"La recomposition du centre est inscrite dans les astres."
Une source

Une éventuelle alliance repose sur un constat objectif. A Bruxelles, le cdH s'écroule et DéFI maintient son implantation mais craint une érosion structurelle. En Wallonie, le cdH reste fort et DéFI peine à passer le seuil d'éligibilité. Sauver l'un dans la capitale, offrir un espace au sud du pays à l'autre, le deal a des soutiens de part et d'autre. En embuscade, Georges-Louis Bouchez ne cache pas son envie de rassembler tout le monde pour peser davantage encore face à la gauche. Mais cdH et DéFI ont, entre autres points communs, une méfiance non feinte à l'égard du président du MR.

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