Dehaene: "C'était un véritable fédéraliste"

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INTERVIEW Contrairement à Jean-Luc Dehaene, Wilfried Martens estimait qu’à un moment, il fallait parachever la réforme de l’Etat en Belgique.

1. Qu’est-ce qui a marqué le plus chez Wilfried Martens, sa carrière politique belge ou son engagement européen de ces dernières années ?

Je pense qu’il ne faut pas scinder les deux, car ces deux carrières sont dans le prolongement l’une de l’autre. Dès le premier manifeste des CVP-jongeren plaidant pour une autonomie des régions en Belgique, nous avions souligné que cela devait se faire également en renforçant la dimension européenne. Donc, cet engagement européen a été à la base de tous ses engagements.

2. Est-ce qu’il y avait une méthode Martens pour faire de la politique ?

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a apporté de la stabilité au pays en convainquant les hommes politiques qu’une crise gouvernementale n’était jamais une solution. Il continuait à rechercher une solution quand personne n’en voyait plus aucune. Il vous obligeait à trouver des solutions. C’était sa grande force. Il avait une force de caractère pour poursuivre et ne pas abandonner. Et il transmettait cette énergie à toute l’équipe.

3. Quelle attitude avait-il par rapport à la crise politico-institutionnelle de ces dernières années en Belgique ? Est-ce que qu’il a toujours cru que l’on pourrait trouver une solution ?

Je pense qu’il a toujours cru que l’on pourrait trouver une solution, mais il n’était pas toujours très heureux avec les dernières évolutions en Belgique. C’était un véritable fédéraliste et il considérait qu’à un moment donné, il fallait parachever la réforme de l’Etat. Personnellement, j’ai toujours estimé que les institutions étaient quelques chose de dynamique et que l’on pouvait difficilement dire quand on serait à la phase finale. J’avais moins de problème avec cela. Mais lui, il a probablement eu certaines inquiétudes ces dernières années.

4. Comment a-t-il vécu la crise économique et politique en Europe ces dernières années ?

Il est resté très fortement engagé dans la recherche d’une solution à la crise européenne. En tant que président du Parti Populaire européen, il a collaboré avec le Président du Conseil européen Herman Van Rompuy, et le Président de la Commission, José Manuel Barroso- qui sont eux aussi PPE- à la recherche d’une sortie de crise, ce qui a permis en définitive de sauver l’euro. Avant chaque sommet européen, il y a avait le sommet PPE, qui a contribué à l’élaboration de consensus.

 

 

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