Déjà près de 3.000 travailleurs concernés par une procédure Renault

Chez Fedex à Liège, la suppression de 671 emplois a été annoncée. ©Valentin Bianchi

Au premier trimestre, 36 sociétés ont lancé des procédures Renault. Plus de 2.800 emplois sont menacés, soit 30% du total des licenciements collectifs enregistrés en 2020.

Entre janvier et fin mars, 36 entreprises ont annoncé leur intention de procéder à un licenciement collectif en Belgique. Au total, 2.824 travailleurs sont concernés par une nouvelle procédure Renault, alors qu’ils étaient 879 dans le même cas au premier trimestre de l’année dernière, selon des chiffres du SPF Emploi.

Economie sous perfusion

Une augmentation tangible certes, mais pas encore le tsunami de licenciements que d’aucuns prédisent à notre pays. Soyons réalistes, les nombreuses mesures de soutien et la possibilité pour les employeurs de recourir massivement au chômage temporaire maintiennent notre économie sous perfusion. Lors du dégel, comprenez la levée de ces aides, le risque qu’une vague nettement plus importante déferle reste bien réel.

2.824
Emplois menacés
Entre janvier et mars, 36 entreprises ont annoncé leur intention de procéder à un licenciement collectif. Au total, ceux-ci concernent 2.824 travailleurs.

Pour l’heure, c’est en Wallonie, principalement en raison de la restructuration annoncée chez Fedex Liège, que le nombre d’emplois menacés (1.097) est le plus important. Suivent la Flandre, avec 922 jobs menacés, et Bruxelles où 805 postes sont sur la sellette.

Outre Fedex, où 671 suppressions de postes sont prévues, 400 travailleurs sont menacés à Tirlemont chez le fabricant d’essuie-glaces Robert Bosch Produktie, 245 chez le spécialiste des systèmes de transmission Punch Powertrain à Saint-Trond ou encore 217 du côté de la société bruxelloise de catering Ciano Trading & Services.

Vers une année record?

Près de 3.000 emplois dans la balance sur un seul trimestre, c'est beaucoup, d’autant plus lorsqu’on songe que les procédures Renault ont concerné 9.414 postes de travail sur les douze mois de 2020. Depuis que le SPF Emploi tient ces statistiques à jour, 2012 reste la pire année en nombre de licenciements collectifs annoncés. Ils avaient alors concerné 16.707 emplois, un triste record dû, en partie, à la fermeture de l’usine Ford à Genk (4.264 emplois).

Le ministre socialiste Pierre-Yves Dermagne s'est dit favorable à une modernisation de la loi Renault.

Au vu de la crise, le ministre de l'Economie et du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) s'est récemment dit favorable à une modernisation de la loi Renault. Bien que l'accord de gouvernement ne le prévoie pas, le socialiste compte demander aux partenaires sociaux de se pencher en détail sur cette question. Rendre obligatoire le financement d'un plan social ou encore améliorer le sort des entreprises sous-traitantes touchées par la restructuration sont des pistes qu'il souhaite voir explorer.

Côté patronal, l'accueil est froid, pour ne pas dire glacial. Ce qui dérange particulièrement la FEB, c'est qu'on semble oublier que les partenaires sociaux ont abouti en 2019 et 2020 à deux avis et une recommandation sur la loi Renault. Avant de se lancer dans une quelconque nouvelle initiative, elle estime qu'il convient surtout d’exécuter ces accords.

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