Delwit: "D'abord régler l'institutionnel"

Pascal Delwit, politologue à l'ULB. ©RV DOC

Pascal Delwit, politologue à l’Université libre de Bruxelles, dresse un premier bilan de la mission de l’informateur Bart De Wever.

Pascal Delwit, politologue à l’Université libre de Bruxelles, dresse un premier bilan de la mission de l’informateur Bart De Wever.

Faut-il exclure tout autre scénario que celui de Di Rupo Premier ministre?

Il ne faut rien exclure a priori. Tout dépendra des termes de la négociation. Si les francophones acceptent le principe d’une réforme de l’État, ils attendent en retour un certain nombre d’éléments en matière socio-économique. Il sera difficile pour le PS d’endosser le poste de Premier ministre sur fond de programme d’austérité. Mais il y aura surtout une anticipation sur le caractère stable ou non de la majorité parlementaire. Si les perspectives s’annoncent peu stables, je doute que le PS soit particulièrement preneur du poste de Premier ministre. Mais on n’en est pas encore là.

Quelqu’un au sp.a pourrait-il faire l’affaire?

Vandenbroucke étant marginalisé dans son propre parti, Vande Lanotte semble un candidat solide. Mais n’oublions pas que le sp.a fait partie des perdants du scrutin.

En poussant à l’entrée du MR dans le gouvernement, De Wever ne prend-il pas un risque majeur?

De Wever a tout intérêt à pouvoir s’appuyer sur un allié de centre droit, lorsqu’il s’agira de trancher les nœuds budgétaires, afin de désamorcer les critiques qui viendront de la part de l’Open VLD dans l’opposition. Au plan institutionnel, il est plus intéressant pour De Wever d’avoir son principal adversaire dans la négociation plutôt qu’en dehors. Ce sera une négociation compliquée, mais si chacun en assume le résultat, il n’y aura pratiquement plus d’opposition tant au nord qu’au sud du pays. Si par contre la négociation n’aboutit pas, la tension se déplacera à l’intérieur du MR, entre la composante wallonne et la composante bruxelloise.

Chacun pousse De Wever à être ministre. Va-t-il pouvoir éviter de se jeter à l’eau?

De Wever avec un pied dedans et un pied dehors est une posture que les partenaires de la N-VA pourraient difficilement accepter. Mais en même temps, ceux-ci savent que seul De Wever est capable de maintenir la discipline parmi ses troupes dont la plupart sont des novices en politique. Or chacun a intérêt à ce que la N-VA soit un partenaire fiable, sans quoi le gouvernement ne pourra pas fonctionner.

Le dossier institutionnel sera-t-il le premier chantier du futur gouvernement?

Plus tôt il sera abordé, mieux ce sera. Sous peine de renforcer l’impression de blocage qui règne depuis 2007. Après quoi on pourra s’attaquer au volet socio-économique.

Sur le plan socio-économique, tout le monde semble conscient de la nécessité d’une reprise en mains.

Il y a en effet un certain consensus sur ce point. Mais les recettes à appliquer peuvent varier énormément. Soit on agit sur les dépenses, soit sur les recettes. Et dans chacune de ces logiques, il existe une grande panoplie de formules envisageables.

Que vous inspire l’idée de Mark Eyskens d’un Congrès confédéral?

Que l’on parle de fédéralisme approfondi, de confédéralisme, ou de fédéralisme de coopération, la seule vraie question selon moi est de savoir quel sera le nouvel agencement des compétences entre l’État fédéral et les entités fédérées. C’est là le vrai débat.

Propos recueillis par J.-P.B.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés